ENTRETIENS GAGNANTS N° 2 - Edition Beziers

Communauté d'agglomération Béziers Méditerranée

" Nous ne serons pas de simples spectateurs "

En quoi consiste la nouvelle organisation du développement économique et touristique de Béziers Méditerranée ?« Nous avions, jusqu’à présent, et ce depuis 1995, une convention avec la SODIE (un organisme chargé de la reconversion des sites industriels désaffectés) qui avait, dans un premier temps, la mission d’accompagner les salariés concernés par la réduction d’activité du dépôt de la SNCF (entretien des wagons et locomotives). La SODIE nous faisait profiter de son carnet d’adresses, nous mettait à disposition un cadre et elle était rémunérée sur les résultats… Cette convention a pris fin durant l’été 2006 et nous avons décidé de ne pas la renouveler. L’Agglo a repris ces activités en charge, au travers de Béziers Méditerranée Expansion (B.M.E.), avec une équipe profondément remaniée ».


Comment se déroule l’accueil des entreprises au sein de Béziers Méditérranée Expansion (B.M.E.)? « Le rôle de B.M.E. est de favoriser l’implantation des entreprises sur notre territoire : c’est un organisme destiné à optimiser l’accueil d’activités industrielles, de services aux entreprises, mais en aucun cas de services commerciaux (du type grande surface). B.M.E. est un outil apprécié, qui permet aux investisseurs potentiels d’avoir une visibilité sur le terrain où ils arrivent : le diagnostic est assez poussé (analyse de leurs besoins, recherche d’aides, étude du business plan…) Concernant la démarche, ce sont soit les entreprises qui nous contactent directement, soit des partenaires qui nous les envoient. Sur la quinzaine de sollicitations que nous recevons chaque mois (elles se sont accrues depuis la création de B.M.E.), la plupart sont des petits porteurs de projets. En 2006, 70 entreprises sont allées au bout de leurs demandes ».


Comment B.M.E. peut-il trouver sa place par rapport à Ouest-Hérault Développement, l’organisme récemment créé par la CCI ? « A côté de la CCI, B.M.E. est pour l’instant, sur notre territoire, la seule structure solide qui existe pour l’accueil des entreprises. Nous avons une longueur d’avance ! B.M.E. est un modèle de ce qui pourrait être développé à plus grande échelle par la CCI. Nous sommes d’ailleurs partie prenante dans Ouest-Hérault Développement, mais nous ne concevons pas cet outil comme B.M.E., marque qui est chargée de communiquer sur notre espace. Tous deux ont donc leur rôle à jouer… A chacun de se débrouiller pour attirer les entreprises chez lui ! »


Où en est le développement des parcs d’activités du Biterrois ? « Les parcs existants se remplissent bien. Mercorent connaît un vif succès, tout comme Béziers-Ouest. Concernant les nouveaux espaces, ce sont des activités tournées vers l’artisanat qui s’y implantent : des ZAC sont en cours de création à Lieuran, ainsi qu’à Sauvian. Une autre (celle de la Méridienne) sort de terre au carrefour des deux autoroutes. Sans oublier le Médiparc du Mazeran, à cheval entre Béziers et Boujan… Actuellement, nous avons 70 hectares de foncier disponibles. A terme, en 2010, nous en aurons 300. Différentes pistes de développement s’offrent donc à nous : notre territoire fait par exemple partie des sites qui intéressent Barcelone pour implanter un port sec dans la région… Nous menons aussi, avec la Chambre des Métiers, une réflexion pour créer un “ Boulevard de l’artisanat ” en Zone Franche Urbaine. Il s’agit d’implanter 30 à 40 « show-room » d’artisans à la Devèze ».


Au parc du Capiscol, vous avez engagé un sacré chantier… « Outre l’implantation de nouvelles entreprises, il faut se soucier des conditions dans lesquelles évoluent celles existantes… Avec 3 000 salariés et 300 entreprises, Le Capiscol est la zone industrielle la plus vaste du Languedoc- Roussillon. Nous y avons engagé un chantier d’envergure (un investissement de 7,7 M€€, en trois phases) jusqu’en 2010 : réfection de la voirie, des trottoirs, de l’éclairage, de la signalisation… Pour améliorer la circulation à l’intérieur de la zone, des carrefours seront également revus. Cette requalification générale permettra de faire du Capiscol un parc attractif et de ne pas avoir le sentiment d’arriver sur une zone abandonnée. De leur côté, les entreprises doivent aussi faire un effort sur leurs clôtures, leurs zones de stockage… »


Concernant la marque Conquista d’Oc, quel plan de développement avez-vous élaboré cette année ? « Nous continuons les actions engagées pour promouvoir le territoire au travers de Conquista d’Oc. Avec des produits dérivés (t-shirts ou casquettes), des salons... Mais nous devons raison garder : il faudrait des dizaines de millions d’euros pour développer cette marque en France et quelques milliards au niveau mondial ! Alors, nous préférons jouer sur la durée et cela finira par payer. Chaque occasion est bonne pour mettre Conquista d’Oc en avant ! Mon souhait connaître le même succès que les Pyrénées-Atlantiques avec la marque 64 ».


Quelles sont les actions ou événements prioritaires pour Béziers Méditerranée Oenopole (B.M.O.) ? « Là encore, nous nous attachons à poursuivre les efforts entrepris pour soutenir nos producteurs (organisation du « café dit vin », participation aux fêtes du territoire et aux actions de promotion à l’extérieur…). Mais la préoccupation majeure, l’action phare de B.M.O., sera cette année le développement de l’oenotourisme. Nouvelles brochures,circuits, mise en réseau des professionnels… Nous allons mettre le paquet ! B.M.O. est plébiscité : nous recevons de plus en plus de demandes de viticulteurs extérieurs à l’Agglo qui veulent profiter de notre outil. Mais pour élargir son action, il faudrait que intercommunalités des alentours cofinancent la structure… Or, elles n’y sont pas décidées. »


Quel sera l’intérêt économique de l’arrivée d’une ou plusieurs compagnie low-cost pour l’aéroport de Béziers ?« Il suffit de regarder ce qui s’est passé à Carcassonne, à Bergerac ou à Rodez pour mesurer les retombées attendues. Cet aéroport bénéficie d’une palette d’atouts considérables à proximité. Il est situé à une petite dizaine de kilomètres de la plus grosse station d’accueil touristique française… C’est un outil inespéré : il nous a coûté très cher, mais nous avons tenu bon, même si la Région n’a rien compris à cette histoire… Montpellier ne deviendra jamais Barcelone ou Marseille : ils ne pourront pas construire de nouvelle piste, sauf à combler des étangs littoraux, ce qui conduirait à une catastrophe écologique. Les perspectives de développement se situent donc à Béziers. Mais la Région a un regard à courte vue ».


On entend beaucoup parler d’intercommunalité, quelle est votre vision du territoire sur dix ans ? « On ne peut pas imaginer un département totalement déséquilibré, avec une Communauté Urbaine démesurée d’un côté et une poussière de structures à l’ouest. Il faut peser suffisamment pour que être pris en compte… C’est pourquoi nous devons avoir une vision d’avenir, en regroupant les intercommunalités du bassin de vie de Béziers. Beaucoup de logiques se recoupent entre nous : celles de la chalandise, du commerce, des soins, du patrimoine, ou encore de l’aéroport… Les élus de Béziers-Méditerranée ont adopté à l’unanimité une délibération : ils ont esquissé une réflexion sur le périmètre de cette future structure. Elle réunirait les deux Agglos, les Communautés de communes de La Domitienne, de Thongue et une partie de Framps 909. Mais nous devons également ouvrir la possibilité à d’autres regroupements, avec des communes isolées au nord de Béziers (Poilhes, Puisserguier, Capestang, Thézan, Murviel…) Reste que tout cela ne se fera qu’après de 2008. Avant les élections, nous pourrons débroussailler, réfléchir aux compétences, mais rien concrétiser… Béziers et le Biterrois n’ont pas l’intention d’être de simples spectateurs, une fois que les choses auront bougé à l’Est. D’autant que la situation évolue aussi autour de Narbonne, dans le Gard, dans les Pyrénées-Orientales… ».

Zone industrielle du Capiscol