ENTRETIENS GAGNANTS N° 2 - Edition Beziers

Réussir la transmission de son entreprise

Inquiétant phénomène de société : à la tête des (très) petites entreprises qui maillent le paysage économique français, il est bien difficile de passer le relais… Dans la région de tous les records (celle où on affiche à la fois un taux de chômage et un nombre de création d’entreprises inégalés), le taux de mortalité des sociétés à court terme est aussi le plus fort. Si l’on en croit la mobilisation (tardive, mais avérée !) des pouvoirs publics, il est urgent de préserver le capital humain et économique qu’elles représentent. A différents échelons territoriaux, de nouveaux dispositifs ont été instaurés : pour sensibiliser, accompagner, ou former les porteurs de projet, comme pour tenter de mettre en relation cédants et repreneurs…

Une foultitude de mesures

Dur, de passer la main ! Céder les rênes d’une entreprise où l’on s’est investi corps et âme est souvent moins évident que de rendre les clés de son propre appartement. Sujet tabou par excellence, la transmission est désormais considérée comme enjeu prioritaire par bien des collectivités. Chacune y allant de son action plus ou moins isolée, on n’y voit pas très clair… Les mesures introduites par la loi de Finances 2006 et le collectif budgétaire sont venus s’ajouter à une série de dispositions adoptées ces dernières années, qui avaient déjà modifié non seulement le régime fiscal de la cession à titre onéreux de sociétés et d’entreprises individuelles, mais également celui de leur transmission par voie de succession ou de donation. Tant de mesures qui plongent le chef d’entreprise dans un embarras du choix... fiscal. Pour résumer : il existe en principe des exonérations de plus value, qui s’appliquent aussi pour la vente d’une partie de l’entreprise. Encore faut-il penser à tous les dispositifs… Depuis peu est apparu un système de location d’actions, pour les repreneurs ayant de faibles capacités financières. La location-gérance reste un mode de gouvernance avantageux pour reprendre une affaire quand on n’a pas le capital nécessaire… Les salariés peuvent également acquérir à leur employeur par le biais d’une Société Coopérative Ouvrière de Production (SCOP) ou d’un rachat de crédit (le RES, plus connu sous le nom de Leverage Management By Out).


Une évolution des moeurs

En matière de transmission, l’étape la plus compliquée, c’est souvent le côté affectif. Et ce quel que soit le système juridique choisi ! La succession de père en fils s’avère plus rare que par le passé : vivant avec leur temps, les jeunes partent le plus souvent faire carrière ailleurs. Les dirigeants ont donc moins de chance de trouver un successeur dans leur entourage, d’autant que des compétences de gestion toujours accrues sont exigées… « La transmission est souvent menée de façon secrète, à tort ou plutôt à raison », estime un expert-comptable du Biterrois. « Cela permet d’éviter d’inquiéter les salariés, de se préserver de la concurrence et de garder la confiance des fournisseurs ». Mais s’il est de coutume de négocier en catimini, le repreneur comme le cédant n’ont pas intérêt à rester esseulés pour autant. D’où l’indispensable appui de leurs conseillers (avocat, expert- comptable et notaire). Il est d’ailleurs « préférable que chaque partie ait les siens ». Sinon, comment peuvent-ils préserver les intérêts de chacun ?!Autre tendance : beaucoup de transmissions sont opérées en dehors des départs à la retraite. La nouvelle génération n’hésite pas à ne garder ses sociétés que quelques années. Ces “ serial cédants ” reprennent, restructurent et revendent. Puis ils recommencent… C’est dans l’air du temps. Outre le fait d’engranger une plus value rapide, il s’agit de ne pas faire la même chose toute sa vie.


La solution fiscale « la moins désavantageuse »

Pour éviter que les droits de succession ne plombent tout l’intérêt d’une transmission, des mesures spécifiques sont venues alléger la fiscalité. « Aujourd’hui, l’Etat fait preuve d’une volonté de moins taxer la plus value », estiment Jean Gondard et Catherine Glodas-Coulot, notaires à Cazouls-les-Béziers. Des incitations qui joueraient un rôle important dans l’essor de la transmission… « Le souci majeur est de savoir ce que la personne veut faire de son patrimoine… Ensuite, nous tâchons de trouver la solution fiscale la moins désavantageuse ! Car, après avoir assuré la transmission, c’est la priorité de chacun... » Qu’elles soient à titre onéreux ou à titre gratuit, les successions ne sont pas assujetties aux mêmes contraintes fiscales. Mais bien souvent, la taxe sur la plus value tombe comme un coup de massue : en règle générale, 27 % de la plus value d’une entreprise sont retenus (16 % d’impôts sur la plus value et 11 % de prélèvements sociaux). Pour les cessions à titre onéreux, le législateur prévoit une diminution des droits d’enregistrement pour tout acquéreur (23 000 € sont exonérés). Un allègement de la fiscalité concernant la plus value a également été instauré : le cédant (ou donateur) est totalement exonéré de taxes après exploitation d’une entreprise pendant au moins cinq ans, si sa valeur n’est pas supérieure à 300 000 €, et partiellement si le prix (ou la valeur donnée) se situe entre 300 000 et 500 000 €. Au delà, il doit s’acquitter des taxes complètes (à 27 %).Des exonérations existent aussi dans le cadre de la cession d’une entreprise dont les recettes n’excèdent pas un certain montant ou du départ à la retraite d’un dirigeant dont l’activité a été exercée depuis au moins cinq ans. « Dans le cadre d’une succession à titre gratuit, les repreneurs peuvent reporter l’imposition avec possibilité d’une exonération de la plus value s’ils poursuivent l’activité pendant cinq ans ». Pour ces mêmes cessions à titre gratuit, le pacte Dutreil peut favoriser les transmissions de parts de sociétés, dont 75 % de la valeur sont exonérées… Une palette de mesures qui sont « avant-tout incitatives pour l’entreprise individuelle », indiquent les notaires. « Les dispositions sont différentes pour chaque type d’entreprise ou société ». L’essentiel étant de percevoir quelle est la motivation première du cédant. Il convient par ailleurs de se pencher sur l’aspect humain : dans le cadre d’une transmission familiale, il faut par exemple veiller à ne pas léser ses autres enfants, donc à ne pas surévaluer (ou sous-évaluer !) son entreprise…


« Une volonté de moins taxer »

Se faire la main ailleurs

Si les reprises par des personnes extérieures sont désormais monnaie courante, les successions familiales ne sont pas dépréciées pour autant. « Chaque transmission de parents à enfants relève d’une situation spécifique », remarque Jean-Yves L’Huillier, chez Vision Partagée. Ce spécialiste du management de la transmission familiale s’est donné pour rôle d’accompagner la succession, une fois les rênes cédées… En veillant tout particulièrement au volet humain. « Quand le ou les enfants font part de leur souhait de travailler dans l’entreprise familiale et que leurs parents approuvent, ils arrivent par des niveaux différents : certains sont dans le moule de l’entreprise et gravissent tous les échelons, d’autres viennent de l’extérieur », note le consultant. « C’est intéressant que les enfants aillent voir ailleurs avant de reprendre, qu’ils aient eu une ou des responsabilités dans une autre société. Pour acquérir des compétences, mais aussi pour regarder l’entreprise familiale sous un autre oeil… Pendant la période de transition, il peut y avoir quelques chamboulements en interne. Le repreneur apporte inéluctablement du nouveau. Or, les parents ont leurs habitudes ! » D’où un probable “ choc de cultures ” sur les méthodes ou le temps de travail, les relations avec les salariés… « Avant de reprendre, les enfants ne sont pas associés à la stratégie de l’entreprise et à un moment donné, il va falloir passer le relais complètement… Il faut donc qu’ils développent des compétences dans les domaines de la finance et du management » Le consultant les invite ainsi à « sortir de l’opérationnel, pour avoir une vision plus globale de l’entreprise, ce qui n’est pas toujours possible quand les parents sont encore là ». Autre aspect primordial pour que l’atmosphère soit sereine : « il faut que les salariés (qui attendent que la nouvelle direction assure la pérennité) reconnaissent que les enfants sont compétents pour gérer l’entreprise. Une importante période d’écoute s’impose ». Surtout, ne pas hésiter à se faire épauler... « Le bon chef d’entreprise, ce n’est pas celui qui sait tout faire, mais celui qui sait s’entourer : en recrutant les bonnes personnes, ou en cherchant des conseils adaptés au moment où il en a besoin ». Moins on reste isolé, plus on a de chances que la transmission soit bien assurée.


Une succession “ en douceur ”

Pour éviter de couler les plombs et de faire capoter la transmission : surtout, ne pas mettre la charrue avant les boeufs… Dans les entreprises reprises “ de père en fils ”, mieux vaut que la succession se prenne à tâtons. En novembre dernier, Stéphanie et Sandrine Fachon ont repris la jardinerie créée par leur père, Patrick, il y a 32 ans, à Villeneuve-les-Béziers. Elles ont monté une SARL avec 4 actionnaires, qui emploie 13 personnes. « Nous avons travaillé avec nos parents pendant cinq ans », explique Stéphanie. « La transmission s’est faite progressivement. Au fur et à mesure, les responsabilités ont basculé vers nous ». Pour apprendre le métier, elle est partie deux ans “ se faire la main ” dans une jardinerie à Reims. « Arrivée ici, j’avais envie de tout révolutionner. Que mes parents soient un peu réfractaires a été un bon garde-fou ». Quant à sa soeur, elle ne pensait pas travailler un jour dans l’entreprise. Et c’est en donnant un coup de main aux affaires familiales qu’elle a trouvé sa voie… « Nous sommes complémentaires », note Stéphanie, qui dirige la société : « Sandrine s’est chargée de développer le rayon décoration et s’occupe de l’administratif. Nos parents ont eu du mal à accepter le changement de génération. C’est dans la méthode de travail que nous avons trouvé le plus de difficultés ». Et de donner un exemple : « l’informatisation était pour eux une perte de temps ! A l’époque de mon père, nous étions de vrais professionnels, mais pas des gestionnaires...Aujourd’hui, face à la compétitivité, nous sommes obligés de l’être. Il a aussi fallu responsabiliser nos collaborateurs, pour qu’ils se sentent plus autonomes. Au début, mon père n’a pas compris pas notre façon de travailler », concède-t-elle. « Il a commencé à avoir confiance en nous quand il a vu que les bons résultats et la rentabilité de l’entreprise étaient maintenus ». Depuis novembre et son départ à la retraite, elles ont totalement pris les rênes. Il vient tous les jours au petit matin, filer un coup de main par ci par là, mais ne reste pas... « On peut toujours compter sur lui. Je vais facilement lui demander des conseils. On veille à ce que nos parents n’aient pas le sentiment qu’on les met sur la touche ». « Tous ces changements qu’elles ont apportés nous ont bouleversés », confie Marie-Claude, la mère. « Nous avions parfois le sentiment d’être inutiles ! Et puis, les parents ont sans doute du mal à voir en leurs enfants les capacités de gestionnaires ». « Ils craignaient que le patrimoine familial soit mal géré et qu’on se plante ! », ajoute la nouvelle patronne de la jardinerie, avant d’affirmer : « nous tâcherons de conserver l’âme qu’ils ont donnée à l’entreprise… »


Connaître les spécificités du métier

Qui, mieux qu’un cuisinier de métier, pourrait passer derrière le “ piano ” d’un resto à céder ?! Maîtriser les différentes facettes de l’activité dans laquelle on investit n’est pas seulement primordial : c’est vital ! Le carrelage, François Fernandez est tombé dedans dès son plus jeune âge. Mais avant de reprendre le flambeau familial, ce Viassois a fait des études dans d’autres domaines, terminant par un BTS gestion / comptabilité, dans l’optique de reprendre la société fondée par son père, en 1976. Outre l’aspect “ patrimonial ”, il était vraiment attiré par cette activité. « Une personne qui veut se lancer ou reprendre une activité doit connaître les éléments du coeur du métier », considère-t-il. C’est dans les années 90 qu’il a intégré la société. « J’ai créé une SARL, pris en location/gérance le fonds de l’entreprise personnelle et progressivement, nous avons intégré les éléments de stock et le matériel. Le fonds de roulement s’est constitué au fil des ans ». Une bonne quinzaine d’années plus tard, l’entreprise emploie 35 personnes, contre une dizaine au début. « Je connaissais déjà les employés avant de rentrer dans l’entreprise. Pour eux, cela n’a rien changé qu’ils soient dirigés par mon père ou par moi ». Reste que François Fernandez a développé de nouvelles activités (les chappes fluides, par exemple), il a aussi « mené des opérations en autonomie sur le suivi et la gestion des opérations. Nous n’avons jamais eu de conflit, la transmission s’est faite naturellement ».Sa mère, Geneviève, a quitté l’entreprise l’an dernier et c’est son épouse, Béatrice (elle les avait, rejoint il y a deux ans), qui est désormais chargée de la gestion et de la comptabilité. François Fernandez a par ailleurs étoffé son activité en rachetant, il y a deux ans, le fonds de commerce et le matériel d’une entreprise de carrelage sur Narbonne. Il a créé une nouvelle SARL, avec six salariés, « pour ne pas être engagé sur le passif qui pourrait y avoir. C’est un secteur d’activité que je connaissais », explique-t-il. « J’ai pris le temps de rencontrer les salariés et de les rassurer. En leur expliquant la façon de procéder dans la “ maison ” » : de nouvelles conditions de travail, sans pour autant révolutionner leur quotidien.


Ces salariés qui rachètent leur entreprise…

Mal préparé, le départ à la retraite du dirigeant peut être lourd de conséquences. Plutôt que de se précipiter, il convient de l’organiser au préalable. A la Solatrag, le mode de gouvernance vaut le détour. Tous les dix ans environ, cette entreprise agathoise de travaux publics et serrurerie est rachetée par ses salariés. « La problématique de savoir ce qui va se passer au départ du dirigeant est récurrente », estime Jean-Marie Estève, P-DG de cette PME indépendante (180 salariés). Egalement docteur en sciences de gestion, il a imaginé le concept d’intrapreneuriat : le passage de la situation de cadre à celle de dirigeant. « Les salariés rachètent l’entreprise (RES) en créant une holding. Cela permet de jouer sur trois leviers : financier, fiscal et juridique ». Le cycle de transmission est arrêté à l’avance : le RES mis en place à la Solatrag s’articule ainsi sur le principe de demi-générations. Quand les sexagénaires partent à la retraite, les “ quinquas ” prennent le relais, les “ quadras ” s’y préparent et les jeunes cadres gravissent les échelons. Cinq à dix ans d’ancienneté s’imposent pour qu’ils puissent entrer dans le système. « On peut choisir ses collaborateurs, alors qu’on ne choisit pas ses enfants ! », sourie Jean-Marie Estève. C’est un outil pour « dynamiser l’entreprise : l’ascenseur fonctionne tous les dix à douze ans, selon l’âge du capitaine. Par une cession avec crédit vendeur, l’équipe de direction se retrouve prête à assurer le relais, ayant reçu la légitimité de tous ses partenaires, dont les banques… Le RES peut être transposé à tous types d’entreprises, quel que soit le secteur d’activité. L’essentiel étant d’être conscient qu’il existe une richesse humaine en interne, de la valoriser et de la faire participer au processus de transmission ». Le premier rachat a eu lieu en 1984. Renouvelé en 1995, puis en 2004, il devrait l’être en 2010. « Le futur PDG est déjà désigné. Quand il prend la charge de management, il a 15 à 25 ans d’ancienneté », précise Jean-Marie Estève. Lui-même était dans l’équipe dès 1987. Au final, le capital de la Solatrag est partagé par 10 % du personnel. « Sans un sou en poche, les salariés peuvent très bien devenir managers de leur entreprise. De fait, ils éprouvent un fort sentiment d’appartenance ». Ou quand la transmission participe à forger une culture d’entreprise…


Tous les dix ans, la Solatrag change de mains

La solution peut venir de l’extérieur

Reprendre plusieurs petites structures, pour se constituer un groupe de bonne taille, c’est tendance ! Les TPE attirent des repreneurs rebutés par la rareté et le coût des entreprises de taille moyenne : ce serait même une mine pour les “ petits ” budgets. Toujours est-il qu’il faut soit connaître l’activité sur le bout des doigts, soit faire appel à des collaborateurs qui la maîtrisent, mais aussi impliquer le personnel, s’entourer pour dresser des montages judicieux... « Faire tourner une entreprise, c’est un mix des compétences entre les acteurs qui la constituent », avance Thierry Jaulois. En septembre, il a racheté PDEM, une société implantée à Béziers depuis une quinzaine d’années. « J’étais client. En allant y acheter une pièce détachée, j’ai appris que la personne qui avait créé l’entreprise souhaitait céder son fonds de commerce. Or, depuis deux ou trois ans, je cherchais à diversifier mes activités… », explique ce gérant de plusieurs sociétés de crédit, également courtier en assurance. « Je me sentais arrivé à maturité pour faire autre chose. Je cherchais des petites entreprises de service (3 à 10 personnes) que les dirigeants souhaitaient céder, avec un personnel compétent mais n’ayant pas forcément ni l’aptitude, ni les moyens financiers de reprendre l’affaire… Le personnel est souvent très compétent pour ce qui touche à ses activités, mais il a souvent une carence de gestion financière et comptable », estime Thierry Jaulois. « Je m’occupe donc du marketing, de l’administration et de la gestion. En contrepartie, j’associe une partie du personnel dans mon capital social. N’étant pas un spécialiste de la pièce détachée, il m’a semblé important que ces professionnels y prennent part ». Chez PDEM, 40 % du capital est alloué au personnel et 60 % à la holding qui gère la société. Sont associés à l’affaire « les salariés qui ont des postes importants dans chaque filière. C’est ma façon d’administrer les entreprises que je créé ou que je rachète : il en découle une gestion locale, une implication et une motivation importante ». Reste qu’une reprise, c’est aussi un investissement humain : « j’y suis régulièrement pour apporter des améliorations ». Réfection du magasin, achat d’un logiciel de gestion du stock, ouverture d’un service réparations, vente aux professionnels… Pour développer l’activité, il faut innover. En manager réaliste et opportun, Thierry Jaulois ne compte pas s’arrêter là : « je cherche encore une ou deux entreprises dans cette situation, pour accentuer ma diversification ». Et selon lui, « il n’en manque pas… »


« Je cherchais à diversifier mes activités »

Focus

300 visiteurs au Forum

Le 22 mars, la CCI a organisé son 5e Forum de la création / reprise à l’IUT de Béziers, afin de mettre en relation les porteurs de projets et leurs interlocuteurs incontournables. Futurs chefs d’entreprise, étudiants, salariés, demandeurs d’emploi : 300 visiteurs ont cette année découvert le parcours idéal du créateur. Neuf conférences thématiques y étaient animées par des intervenants spécialisés.

Un guide pour s’informer

La CCI a publié la 3e édition de son Guide de la création et de la reprise d’entreprise en Ouest Hérault, qui recense les prestations et contacts nécessaires pour réaliser son projet. Il est disponible à la Chambre et dans tous les lieux d’accueil des acteurs de la création / reprise.

La reprise sur le net

ACT Contact recense les opportunités de transmission dans les domaines de l’artisanat, du commerce et des services. www.actcontact.net Le site PMI Contact permet aux PME ainsi qu’aux particuliers de publier et sélectionner des opportunités d’affaires en cession, reprise et rapprochement, en préservant l’anonymat. www.pmicontact.net L’ordre des expertscomptables a mis en ligne un site assez riche sur la transmission : on y retrouve les aides, des opportunités à saisir, un guide méthodologique… www.entreprisetransmission. com


Un dispositif d’accompagnement

Près de 4 000 ent reprises de l’Ouest Hérault changeront de mains dans les dix ans à venir : « sauvegarder ces sociétés et les 10 000 emplois qu’elles représentent constitue un enjeu majeur pour l’économie de notre territoire », estime la Chambre de Commerce et d’Industrie biterroise. Encore faut-il préciser que, sur la totalité des entreprises concernées, seule la moitié (soit 1900) est effectivement en situation d’être reprise... Tant le volume et les spécificités de ces entreprises que les difficultés inhérentes à la transmission (opacité, confidentialité du marché, inadéquation du repreneur avec l’idée du cédant ou à l’inverse difficulté de trouver une entité correspondant au projet du repreneur), font de la CCI « un interlocuteur privilégié, par sa proximité et sa connaissance du tissu économique. Transmettre une entreprise ne s’improvise pas et leurs dirigeants doivent s’y préparer avec anticipation pour mieux appréhender l’impact humain, financier et patrimonial de la cession ». Afin de sensibiliser les chefs d’entreprises concernés, la Chambre a donc lancé, pour les trois prochaines années, un dispositif complet d’information et d’accompagnement. Il se décline en plusieurs étapes. A commencer par des réunions d’informations, organisées sous la forme de “ petits déjeuners ”, sur les différents bassins de vie de l’arrondissement. Des entretiens individuels sont également proposés par le service transmission / création / reprise de la CCI pour les chefs d’entreprise qui ne pourraient assister à ces réunions d’information pour des raisons soit d’agenda, soit de principe (s’ils souhaitent conserver une certaine discrétion…)


Une bourse d’opportunités

Sur la base des contacts engagés lors des réunions d’information, un recensement et une qualification des projets de cession sont également effectués par la CCI de Béziers. Outre la collecte de tous les éléments juridiques, sociaux et financiers de la société, il s’agit d’accompagner le cédant à un “ auto-diagnostic ” de son projet et à la définition du repreneur “ idéal ”, des caractéristiques de l’entreprise et des modalités de cession… Tant d’informations qui permettront notamment l’intégration du projet dans la bourse d’opportunités “ cédants/repreneurs ”. Car, en marge des bourses spécifiques existantes comme “ Pmi contact ” ou “ Act Contacts ”, la CCI compte mettre en place une base de données confidentielles pour l’ensemble de l’Ouest Hérault, afin de favoriser la mise en relation des cédants locaux et de repreneurs potentiels… S’appuyant sur ses compétences en matière de formation, la Chambre propose pendant deux ans, en relation avec son Institut Consulaire de Formation, plusieurs sessions spécifiques à la transmission sur les différentes zones de son territoire. Des diagnostics personnalisés gratuits pourront être proposés aux entreprises présentant un enjeu important pour l’économie locale ou des difficultés spécifiques à prévoir dans la démarche de transmission. L’intervention d’un consultant expert en la matière aux côtés de la CCI permettrait « de mieux prendre en compte la situation et d’élaborer un rapport précis intégrant analyse, conseils et préconisations ».


Un programme régional d’appui

La région Languedoc-Roussillon a également mis en place un programme d’appui à la création et à la transmission d’entreprise. Elle a instauré deux procédures : le VISA et le PACTE. « Nous avons un taux d’échec colossal en matière de création et de transmission », constate Anne-Yvonne Le Dain, viceprésidente du Conseil régional. « Le Languedoc-Roussillon est confronté à un tissu fragile, sans doute lié au manque de professionnalisme et de sécurité qui subsistait dans le système économique de la région ». Nécessaire pour mobiliser les aides financières régionales, le VISA n’est autre que la « validation de la faisabilité d’un projet dans le cadre du dispositif PACTE Entreprises ». Avec ce VISA, la Région permet donc aux entrepreneurs de « qualifier leur projet par la réalisation d’un diagnostic technique, économique, commercial et humain ». C’est dans ce cadre qu’un conseiller aborde, avec les porteurs de projet, différents aspects :ses aptitudes et motivations, l’analyse du marché, sa stratégie de développement de l’entreprise (stratégie commerciale, choix en matière fiscale, juridique, sociale), les moyens de financement et bien sûr le calendrier de réalisation du projet… Pour la région, c’était aussi l’occasion de « permettre aux chambres d’épauler les porteurs de projet ». C’est pourquoi VISA se veut « un outil pour recréer de la confiance nominative avec les différentes chambres (des métiers, agricoles, de commerce et d’industrie, mais aussi la FRP, URSCOP). Nous définissons ensemble un nombre de VISAS qu’elles s’engagent à faire dans l’année, en fonction de quoi elles sont rémunérées. Bien sûr, à l’arrivée, nous jugeons de la performance des VISAS ». Ceci afin de « garantir un bon résultat susceptible de faire diminuer ce fameux taux d’échec. Nous tenons à professionnaliser la manière dont travaillent les chambres avec les mandants ». Et l’initiative commencerait à porter ses fruits : 1500 VISAS ont été délivrés dans la région l’an dernier.


Un accompagnement vers le succès

Quant au programme PACTE (Programme Action Création et Transmission d’entreprise), également porté par la Région, il offre « un accompagnement global aux porteurs d’un projet de création ou de reprise, pour leur donner les meilleures chances de succès ». Une aide destinée à finaliser le plan de financement de l’entreprise, « mais elle n’a pas pour objet de pallier l’insuffisance des fonds propres des dirigeants ou de se substituer aux concours bancaires ! » précise Anne-Yvonne Le Dain. « Cette aide est une avance remboursable à taux zéro,mobilisable après obtention d’un VISA ». Son montant est de 10 000 à 50 000 euros pour un taux maximum d’intervention de 50 %, dans la limite des fonds propres. Sont éligibles les entreprises relevant des secteurs de l’artisanat, de l’industriel technologique, du commerce de gros… En général, elles doivent avoir moins de deux ans d’existence pour les structures de moins de 10 salariés et de 30 mois pour les autres. « Par cette procédure de qualité, nous avons rompu avec la logique de subventions.Sauf dans deux cas liés au facteur de risque : le secteur technologique et l’export (aides plafonnées à 30 000 €) ». Pour le reste, les interventions de la Région se font donc en avance remboursable ou en fonds de garantie (jusqu’à 80 % du montage financier). « C’est une solution pour faire face à la frilosité des banques. Il s’agit aussi d’apporter une garantie à nos entreprises. Une fois ce parcours d’apport de l’aide financière terminé, 25 % peuvent être transformés en subventions ». Pour la région, il s’agit avant tout « d’inciter à la performance. C’est une prise de risques commune : on gagne ensemble, on perd ensemble ! » Au bout du compte, 600 projets auraient été aidés en 2006. Cinq transmissions pour une création…


Il s’agit d’inciter à la performance

La Région permet aux entrepreneurs de « qualifier leur projet »

Focus

Financer ses formations professionnelles

Depuis 2004 (année de la fameuse réforme), les salariés sont de plus en plus demandeurs de formations professionnelles : sur l’outil informatique, notamment. Mais il existe un dispositif précis pour la collecte des fonds de la formation professionnelle continue versés par l’entreprise. Celle-ci doit en effet « consacrer un pourcentage de sa masse annuelle brute à un organisme paritaire pour la formation », explique Francis Pozo, conseiller à l’OPCAREG Languedoc-Roussillon. « Au regard fiscal, toute entreprise a donc obligation de reverser cette somme à un Organisme Paritaire Collecteur Agréé. Elle doit s’acquitter de ses obligations envers l’OPCA dont elle dépend le 28 février de chaque année ». Organisme interprofessionnel, l’OPCAREG L.-R. propose diverses formations dans tous secteurs d’activités. « Nous sommes l’interlocuteur entre l’entreprise et le financeur. C’est un service de proximité qui permet de prendre en charge ces dépenses rapidement. L’objectif étant aussi parfois de récupérer des fonds sociaux européens... ». Sur l’arrondissement de Béziers, plus de 100 entreprises font appel à cet OPCA. Contact : Francis Pozo au 06 14 11 24 89.