ENTRETIENS GAGNANTS N° 5 - Edition Beziers

Métaux, jeunes dirigeants et agroalimentaire

L’Ouest Hérault est structuré de nombreux réseaux ou mouvements dans lesquels s’impliquent bien des dirigeants d’entreprise. Dans chacun de ses numéros, Entretiens gagnants leur consacre un espace afin de mettre en exergue quelques-unes de leurs initiatives et actions significatives, passées ou à venir, qui s’inscrivent dans une démarche de développement de l’économie locale.

Le CJD, laboratoire d’idées

 

Soixante-dix ans en 2008, et pas la moindre ride ! « La philosophie initiale a été conservée », se réjouit Laurent Guilmineau, président du CJD de Béziers : « une économie par l’homme, au service de l’homme.

Nous considérons que l’entreprise est là pour apporter des richesses partagées entre tous les acteurs, pas uniquement pour servir les actionnaires purs et durs ! »

Et de préciser : « nous ne venons pas au CJD pour conclure des affaires, mais pour rompre avec la solitude du dirigeant et se former mutuellement ». Trente jeunes décideurs, issus de secteurs d’activité différents, qui défendent l’idée d’un « libéralisme responsable ». Le CJD serait un « laboratoire d’idées », enclin à « expérimenter des nouveautés en matière sociale ».

Pour ses 70 ans, le mouvement national a soumis « sept idées pour révolutionner la France ».  Dans la foulée, la section locale fêtera, elle, son cinquantenaire et réunira au printemps ses anciens membres afin de « cultiver nos valeurs. Environ 1 000 personnes sont passés par la section depuis sa création ! »

Autre priorité du CJD de Béziers : « aider le dirigeant à mieux appréhender l’Europe ». Ainsi, la section locale a prévu « un voyage à Bruxelles, en 2009. Dans le même registre, notre territoire littoral doit se pencher sur l’Union pour la Méditerranée… ». Bref, un CJD qui prend de l’ancienneté, mais pas près de battre en retraite !

www.cjd.net

 

CAMDIB, une santé de fer !

 

Souder les savoir-faire complémentaires de tout un secteur : la raison d’être de CAMDIB. Ce club des métaux du Biterrois fédère une trentaine d’entreprises, autour d’un géant local, Altrad.

A sa création voici onze ans, rappelle son président Richard Alcock, l’association s’était fixée de « structurer le réseau » mais aussi de « mettre en place des opérations collectives ». Afin de « décrocher davantage de subventions - notamment pour la formation - et d’amener les petites sociétés, souvent confrontées à un manque de technicité, à un autre niveau ». Résultat ? En dix ans, l’effectif du réseau a doublé. 1 200 emplois, pour 156 M€ de C.A. !

De quoi permettre, d’une part, à ces entreprises de « rester compétitives face aux nouveaux marchés ». Et, de l’autre, « leur donner envie de se développer… » La finalité étant de porter des projets communs. Trois ont déjà été mis à flots.

Primo, développer un pôle d’excellence dans le mobilier urbain, tendance haut de gamme. « C’est une révolution pour les petites entreprises : habituées à sous-traiter, elles n’ont jamais travaillé avec un dessinateur. Là, nous allons confier le design des produits à l’Université de Nîmes ».

Secundo, miser sur le traitement de surfaces. L’enjeu : « favoriser l’innovation, pour trouver des procédés plus efficaces que la galvanisation, et implanter dans la région des entreprises qui sauraient exploiter cette nouvelle activité ».

Tertio, s’axer sur la maintenance industrielle. « Suivi et réparation des machines sont devenus l’affaire de spécialistes… Nous devons nous ancrer davantage dans ce créneau ».

Autre priorité du réseau : concilier énergies renouvelables et mobilier urbain. « En installant, par exemple, des panneaux solaires sur les abribus ou lampadaires… Marier innovation et protection de l’environnement, c’est possible ». Quand on vous dit que CAMDIB est dans l’air du temps !

www.camdib.org

 

L’ARIA, agence de développement

 

Que de chemin parcouru en 20 ans ! Forte de 120 adhérents, l’ARIA soutient quelques 200 entreprises et couvre l’intégralité des activités de l’agro-alimentaire, « première industrie du Languedoc-Roussillon ».

L’ARIA, sorte, dixit son président Didier Barral, « d’agence de développement », qui « s’interdit tout effet de lobby ». Sa raison d’être, c’est plutôt de « mener des actions collectives, afin d’intervenir sur différentes problématiques : la définition de la stratégie, la promotion de l’agroalimentaire et sa mise en marché ». Ou encore « le travail du packaging, le développement durable…

Tant de choses que les entreprises font peu ou prou seules, mais en se fédérant, elles bénéficient de moyens accrus. Pour le coup, elles sont aussi plus efficientes : en croisant leur regard, chacune profite des connaissances des autres ».

En 2006, l’ARIA a signé un contrat de filière avec la Région. « L’occasion de s’assurer que les budgets que la collectivité accorde soient assortis de résultats ». Elle s’est aussi dotée « d’un observatoire qui suit les indices de valeur ajoutée et de nombre d’emplois ».

Ses priorités : « développer la volonté des entrepreneurs de vendre des produits hors frontières » - le secteur est en légère décroissance à l’export - et « trouver les bonnes formules d’innovation ». Autre enjeu, et non des moindres : « cultiver le lien avec les consommateurs en région. Rien de mieux qu’un client qui donne son avis en direct sur le produit ! » La recette de l’agroalimentaire : garder les pieds sur terre ?

http://www.agroalimentaire-lr.com/

 

L’agroalimentaire en région : 21 000 salariés et 4 500 saisonniers, pour 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires.