ENTRETIENS GAGNANTS N° 5 - Edition Beziers

Acheter ou louer ? Faites le bon choix

Entre les deux votre cœur balance ? Face à ce dilemme Shakespearien, être ou ne pas être… propriétaire de ses équipements, seule une analyse détaillée de vos besoins et de certains facteurs conjoncturels vous permettra de prendre la bonne décision. Les deux pratiques ayant ses avantages et ses inconvénients.
Par Estelle Puig

Bureautiques, véhicules, gros matériels…Sans ses outils,  point de fonctionnement pour une entreprise. Une question de bon sens. Et de choix : car faut-il acheter ou louer ses équipements ? Un dilemme Cornélien auquel de nombreux patrons doivent faire face. Chacune de ses deux solutions ayant ses avantages et ses inconvénients.

Plusieurs facteurs permettent d’estimer l’intérêt d’une option par rapport à l’autre. Acheter offre certes la possibilité de se constituer un « patrimoine » mobilier et d’inscrire l’investissement à l’actif de la société. Mais ce choix n’est pas sans contraintes : dépréciation du bien, immobilisation des fonds propres qui limite la capacité de financement, etc.

Autres solutions : la location avec option d’achat (LOA) et la location longue durée (LDD). Particulièrement bien adaptées aux matériels qui deviennent vite obsolètes, ces deux formules vous permettent de disposer de biens d'équipement sans mise de fonds initiale. Idéal, donc ? Pas forcément. Tout dépend de la nature de l'investissement envisagé et des capacités financières. Explications.

Les questions à se poser avant

Est-ce que je compte utiliser tous les jours mon équipement ?

Mon activité mérite-t-elle le renouvellement régulier du matériel ?

Nécessite-t-il une maintenance lourde ?

ACHAT : se constituer un patrimoine

Garder la main sur ses équipements, avoir le libre choix de la marque, du prestataire de service et de l’organisme financier et se constituer un patrimoine sont autant de bonnes raisons de choisir l’achat.

C’est d’ailleurs l’option qui prévaut dans de nombreuses entreprises, en particulier chez les plus petites et les plus récentes. Ces dernières préférant gérer « en direct » son matériel neuf ou d’occasion. Car la spécialité de cette formule réside dans le fait que le bien est revendable, notamment s’il s’agit d’un équipement à faible dépréciation. L’investissement est ainsi inscrit à l’actif de la société qui amortie le bien sur la durée de vie d’usage. Les frais impliqués (assurance, entretien, réparation, etc.) passent donc en charge.

Financement par crédit

Si la trésorerie ne permet pas de payer au comptant, il faudra opter pour le crédit. Il reste la solution la plus simple. Ceux professionnels peuvent couvrir la totalité du montant hors taxes de l'investissement lorsqu'il s'agit d'un matériel neuf, ou la moitié seulement, en général, quand il est question d'un équipement d'occasion. A noter qu’un crédit à taux fixe et à remboursements constants offre une bonne lisibilité, la charge financière étant toujours la même jusqu'au terme de l'opération. Sur le plan fiscal, l’entreprise peut ainsi déduire l'amortissement du matériel ainsi que les intérêts du crédit et passer en charge les frais financiers. Elle se retrouve au passif de son bilan avec une dette correspondant au capital de l’emprunt non encore remboursé.

Engagement au bilan

Revers de la médaille : le crédit constituant un engagement au bilan, il augmente l’endettement. Une conséquence négligeable si la société n’a pas à solliciter d'autres emprunts, mais qui peut s'avérer pénalisante si elle a besoin de trouver des financements complémentaires pour d'autres biens.

ACHAT

Le + : Libre choix de la marque, du prestataire de service et de l’organisme

           Constitution d’un patrimoine mobilier

Le  - : Paiement immédiat en cas d’autofinancement

           Immobilisation des fonds propres

           Dépréciation du bien, maintenance lourde et revente difficile dans certains cas


LOCATION : profiter sans s’engager

Et si la « mobilité » prenait le pas sur la « propriété » ? Un principe qui séduit de plus en plus d’entreprises attirées par les « packs » services tout compris. Pour ceux qui hésitent entre l’achat et la location, le crédit-bail offre un bon compromis entre les deux.

Pourquoi, au lieu d'acheter un équipement qui se dévalorise très vite, ne pas choisir à la place de louer un bouquet de services à la carte, incluant l'entretien, l'amortissement, et son remplacement en cas de panne ? La question vaut indéniablement le détour. D'autant que la formule permet de bénéficier d'un modèle de segment supérieur et plus récent à celui que l'on aurait acheté.

Formules évolutives

La location longue durée, ou LDD, intéresse au premier chef les professions libérales, qui renouvellent ainsi régulièrement leur véhicule et font passer le loyer en frais généraux. Idem pour le gros matériel dont le prix est élevé ou les parcs informatiques. Il est vrai que les loueurs se chargent de la reprise et de la revente des matériels et, en règle générale, d'un bon nombre de problèmes techniques…Elle offre par ailleurs une grande souplesse, en particulier pour les formules dites « évolutives »  avec un renouvellement du matériel en cours de contrat. Autres avantages : pas d'immobilisation de capitaux (le locataire n'avance pas d'argent), des coûts fixes, une trésorerie linéaire, une seule écriture comptable...

Un prix à payer

En revanche, la location longue durée génère un coût globalement plus élevé que l’achat. Sans oublier que l’entreprise, même si elle paye toute sa vie, ne sera jamais propriétaire du bien. Pas toujours facile à concevoir. Le crédit-bail ou location avec option d’achat (LOA) offre une alternative intéressante.

Le crédit-bail

Un système souple, puisque le loueur signe une promesse unilatérale de vente qui offre au locataire la possibilité, mais non l'obligation, d'acquérir in fine le bien. La formule permet aussi de ne pas alourdir le bilan de la société. Sur le plan financier, un contrat de crédit-bail est en effet porté en engagement hors bilan et les loyers versés ne sont donc pas pris en compte pour le calcul de l’endettement. La capacité d'emprunt reste inchangée et les capitaux demeurent disponibles pour d'autres investissements.



LOCATION LONGUE DUREE

Le + : La trésorerie n’est pas ponctionnée d’un investissement lourd

          Gain de temps sur certains problèmes administratifs

          Un matériel toujours opérationnel

Le  - : Vous ne serez jamais propriétaire du bien

          Coût souvent plus élevé

CREDIT-BAIL (LOA)

Le + : La trésorerie n’est pas ponctionnée d’un investissement

          Possibilité de devenir propriétaire en fin de bail

          Pas de garantie réelle à fournir, l’entreprise étant locataire

Le  - : Apport initial de capital souvent nécessaire

          Prix de rachat basé sur la valeur neuve du bien, et non sur sa valeur réel

          Coût élevé

COMMENT FAIRE UN CHOIX

Comparatif chiffré achat avec emprunt/location longue durée (LDD)

ACHAT

  • Montant de l’investissement                      4500,00 €
  • Acompte 10%                                              450,00 €
  • Emprunt sur 4 ans au taux de 5%,

soit des mensualités de                                      93,27 €

  • Intérêts sur les 4 ans                                   426,96 €
  • Valeur de revente au bout de 4 ans             300,00 €
  • Entretien sur 48 mois                                    500,00 €
  • Assurance sur 48 mois                                 200,00 €
  • Total des décaissements                            5326,96 €
  • Gain d’impôt sur les charges                      1775 ,65 €
  • Coût d’achat total                                      3551,31 €

LDD

  • Montant mensuel avec options                 117 €
  • Durée du bail                                             48 mois
  • Total des loyers payés                              5616 €
  • Total des décaissements                          5616 €
  • Gain d’impôt sur les charges                    1871,98 €
  • Coût d’achat total                                    3744,02

Si votre trésorerie ne vous permet pas d'autofinancer ces investissements, il vous faudra choisir entre un financement à crédit, en crédit-bail ou en location financière.  Les trois pratiques ayant des incidences administratives et fiscales particulières. De nombreuses décisions stratégiques incluent donc désormais une réflexion comptable.