ENTRETIENS GAGNANTS N° 5 - Edition Beziers

Entretien avec Raymond Couderc

« Un dynamisme qui ne se dément pas »

Raymond Couderc est sénateur-maire de Béziers, mais aussi président de la Communauté d’Agglomération Béziers Méditerranée.

La collectivité peut-elle faire quelque chose pour soutenir ses entreprises face à la crise économique ?

Raymond Couderc : « même si nous ne pouvons pas intervenir directement pour soutenir les entreprises qui traverseraient des turbulences liées à la crise, nous avons toujours la possibilité d’agir sur l’environnement économique et financier. Ainsi, le 4 novembre dernier, nous avons réuni, avec les banques et la CCI, plus de 200 chefs d’entreprises dans l’amphithéâtre de la faculté, pour faire le point avec eux sur la situation.

Nous allons également mettre sur pied, avec la Maison de l’Emploi et le Sous-préfet de Béziers, une cellule de veille, afin de pouvoir réagir au plus vite aux difficultés qui pourraient apparaître pour des entreprises de notre secteur ».

 

Que vous inspire le décollage rapide de l’aéroport ?

R.C. : « cet envol que connaît l’aéroport Béziers Cap d’Agde est aussi fulgurant qu’à contre-courant. A l’heure où les compagnies à bas coûts ferment des lignes quasiment partout, elles en ouvrent chez nous !

C’est la preuve que nous avions raison d’investir sur l’allongement et l’élargissement de la piste, quand le Président du Conseil Régional nous expliquait qu’il n’y avait de place en Languedoc-Roussillon que pour Montpellier, Carcassonne et Perpignan. Le trafic des low-cost a donné un véritable coup de fouet à notre activité touristique. Et ce n’est pas fini ! »

 

Les Biterrois regarderont-ils passer le train du TGV ?

R.C. : « certainement pas ! Le débat public au sujet de la ligne TGV entre Montpellier et Perpignan va être engagé au printemps prochain. Nous plaiderons pour la création d’une gare nouvelle, pouvant desservir le périmètre Béziers / Agde - Cap d’Agde / Pézenas, mais aussi Narbonne. C’est là, à proximité du carrefour A9 / A75 et de l’aéroport, que se situe le centre de gravité de la clientèle à desservir ».

 

« Le produit de la Taxe Professionnelle a augmenté de 20 % »

 

Que peuvent attendre nos entreprises de l’installation du port sec de Barcelone à Béziers ?

R.C. : « l’installation de la base logistique arrière du port de Barcelone (plus couramment appelée “ port sec ”) reste à négocier et à préciser. Pour l’instant, CILSA - la filiale du port de Barcelone, qui gère sa zone d’activité logistique - a seulement tranché dans la concurrence que se sont livrés les trois sites du Languedoc-Roussillon, en choisissant Béziers.

Etant donnée la situation économique actuelle en Espagne, on ne connaît pas encore le calendrier, ni même les modalités précises (superficie, nombre d’emplois…) de cette installation. Il serait donc très difficile (et, à vrai dire, hasardeux !) de parler dès maintenant des retombées, même si nous savons d’ores et déjà qu’elles seront importantes ».

 

Où en est-on de la révision des périmètres des intercommunalités de l’Hérault ?

R.C. : « une réunion de la Commission Départementale de Coopération Intercommunale a eu lieu en Préfecture fin septembre. Le regroupement de plusieurs Communautés a été évoqué, mais pour l’instant, seules des pistes et des intentions ont été avancées. Aucun calendrier n’a encore été défini ».

 

Régions, Départements, Circonscriptions, Agglos, Villes… Ces structures ne s’empilent-elles pas trop ?

R.C. : « il n’y a pas trop de structures, par contre il y a trop de structures qui veulent faire la même chose ! C’est le cas, par exemple, de tout ce qui peut être lié, de près ou de loin, au développement économique. La vraie question est donc celle des compétences de chaque échelon. Il faut impérativement définir avec précision les domaines d’activité des uns et des autres, et refuser que chacun en déborde. C’est à ce prix que tout rentrera dans l’ordre ».

 

Quelles sont vos perspectives pour l’économie locale ?

R.C. : « de 2002 à 2008, le produit de la Taxe Professionnelle (à taux constant) a augmenté de plus de 20 %. C’est dire la vitalité de notre territoire ! Un dynamisme qui ne se dément pas puisque nous sommes contraints d’aménager de nouvelles zones d’activités, de peur de manquer de terrains pour les entreprises qui choisissent Béziers et son agglomération…

Quant à la conjoncture du marché de l’immobilier, elle est loin d’être catastrophique, même si on perçoit un fléchissement. Dans certaines zones de la région, l’immobilier est en panne, mais chez nous, c’est un simple ralentissement, parce que les prix sont restés raisonnables et que l’attractivité de notre territoire est très forte. Sans être aveuglément optimiste, je suis résolument confiant en notre potentiel d’avenir ».

Raymond Couderc, Président de la Communauté d’Agglomération Béziers Méditerranée