ENTRETIENS GAGNANTS N° 1 - Edition Perpignan

La vie des réseaux


Les Pyrénées Orientales sont structurés en nombreux réseaux ou mouvements dans lesquels s’impliquent bien des dirigeants d’entreprises. Dans chacun
de ses numéros, Entretiens gagnants met en exergue quelques-unes
de leurs initiatives, passées ou à venir, qui s’inscrivent dan
une démarche de développement de l’économie locale.
par Estelle PUIG, Guillaume LAURENS et Véronique DARDOIZE

LES DCF
PLUS QU’UN RESEAU, UN ETAT D’ESPRIT

A Perpignan, les DCF ont fêté cette année leur 21ème anniversaire, c’est finalement une toute jeune association si l’on se réfère à la date de création du mouvement national en 1948. Ils sont une trentaine d’adhérents, des chefs d’entreprises et des directeurs commerciaux ou marketing, représentatifs du tissu économique local. Bien sûr les catalans y sont majoritaires, mais chaque année de nouveaux arrivants dans ce département plein de promesses, sont intronisés. Dans ce cas, les DCF sont plus qu’un relais, ils ouvrent leurs portes que l’on dit pourtant difficiles à pousser ici en Catalogne !
Les DCF sont une véritable force de proposition. Leur but : mener des réflexions et prendre position, en France et en Europe, sur les problématiques commerciales d’aujourd’hui et de demain, auprès des acteurs politiques, économiques et sociaux... Sur le plan local, cela se concrétise par des dîners débat autour d’un invité et sur un thème donné, qui colle souvent à l’actualité. Ainsi « notre rôle commercial dans la future co-urbanité de Narbonne à Gérone » a été débattu lors d’une réception avec le maire député Jean-Paul Alduy. En novembre dernier, ce fut au tour du préfet Hugues Bouziges d’évoquer ses prochaines missions dans les Pyrénées Orientales.
« Le rôle de la presse » fut ensuite au centre des débats quelques semaines avant les élections municipales. Et dernièrement, c’est Hervé Gougeon de la société Edifia qui anima une conférence sur
« la fidélisation des clients », devant 250 participants. Etre DCF, c’est aussi s’enrichir à l’extérieur. A Perpignan, ils sont à l’origine d’un projet de Beta-Réseau, dont l’objectif est de créer des liens, des passerelles avec les pays méditerranéens dans une perspective durable, pour l’harmonisation des échanges commerciaux, techniques, administratifs et culturels. Cette réflexion rejoint le projet d’Union pour la Méditerranée initié par Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui et après plus d’un an d’étude, le dossier est sur le bureau de la présidence. Enfin les DCF ne seraient pas ce qu’ils sont, s’ils n’étaient pas portés par un enthousiasme partagé tout au long de l’année dans l’élaboration des actions, mais aussi dans la convivialité de mise à chaque rencontre. Sans doute, l’esprit catalan y est pour quelque chose ! Pour le président Michel Calvet, « il est important de cultiver l’esprit réseau qui constitue la dynamique des DCF et qui fait leur succès, mais il faut exprimer aussi les tempéraments d’une région, c’est pourquoi nous faisons valoir la convivialité des gens du sud ».
Un tempérament qu’exprime bien Michel Calvet ! Incontournable personnalité perpignanaise.

Boitaclous, un réseau culturel

Avec près de 1500 représentations, des centaines de milliers de spectateurs et un chiffre d’affaires qui caresse aujourd’hui les 2 000 000 €, Boitaclous fait figure de référence dans le « show-biz » Perpignanais.
Cette société organisatrice de spectacles, créée en 1983 par Thierry Meier dans une ville alors peu fournie en la matière, vient donc de fêter ses
25 ans. Un quart de siècle d’existence où des réseaux se sont bien évidemment tissés. « Au tout début des années 80, il fallait être sourd et aveugle pour ne pas constater que, la pauvreté dans le domaine culturel, gouvernait la cité. Nous avons donc décidé, avec quelques amis, de tenter de chasser à coup d’énergie, de courage et de ténacité, l’ennui, qui engluait chaque jour d’avantage la ville», s’enflamme Thierry Meier. Aujourd’hui, Boitaclous emploie 9 salariés permanents et bénéficie de subventions « qui frôlent à peine les 8% de notre chiffre d’affaires, alors qu’elles représentent souvent chez nos « confrères » 60
à 80% de leur budget ! ».

Ses objectifs pour le futur ?
« Continuer à ouvrir les portes de la culture au plus grand nombre. Continuer d’enrichir une programmation qui n’a pas peur de faire plaisir et qui va des formes les plus exigeantes aux formes les plus accessibles.
 Continuer à vivre ! ».

 UPE 66 L’union fait la force
Après trois ans à la tête du syndicat patronal dans les Pyrénées-Orientales, Yves-Didier Gotteland termine son mandat fin septembre. « Je me suis régalé ! », dit-il. Pour lui, « l’UPE affiche deux grands intérêts.
D’une, son assise : en quarante ans, elle s’est intégrée sur le territoire, avec des réseaux sous-terrains permanents.
De deux, le fait d’apporter services et mandats aux entreprises, tout en se préoccupant du développement économique du territoire. L’UPE est l’interlocuteur privilégié entre l’entreprise et les pouvoirs publics ». Et même si certaines composantes de cette Union « censée représenter l’ensemble des syndicats patronaux » ont battu en brèche sur le plan national, Yves-Didier Gotteland en est convaincu : « au sein de l’UPE, il y a de la place pour des sensibilités différentes. Notre territoire n’a pas la taille de s’offrir un fonctionnement fractionné ».
« Acteur dans le paysage »
Le réseau regroupe 3 000 entreprises dans les P.-O. A l’instar du tissu économique local, 90 % ont moins de 10 salariés. « Seules comptent la dynamique, la créativité et l’intégration sur le territoire. L’entreprise doit être acteur dans le paysage. Elle doit prendre en compte ce qui n’est pas un facteur d’investissement premier : son environnement ».
Partisan d’une « relation de proximité évidente », l’UPE tâche aussi « d’anticiper les soucis auxquels sont confrontés les chefs d’entreprise ». Et Yves-Didier Gotteland d’évoquer « deux problématiques sur lesquelles nous venons de travailler : d’une part, celle des saisonniers (hébergement, déclaration, respect des obligations…). De l’autre, celle de
“ l’employabilité ” (gestion prévisionnelle des objectifs, bilans de compétences…) Les sujets essentiels de demain sont ceux que nos adhérents ont besoin ou envie de mettre en valeur ». L’UPE, ou la voix des décideurs.