ENTRETIENS GAGNANTS N° 4 - Edition Beziers

Réseaux, petits patrons et beaux poissons


Le Biterrois est structuré en nombreux réseaux ou mouvements dans lesquels s’impliquent bien des dirigeants d’entreprises. Dans chacun de ses numéros, Entretiens gagnants met en exergue quelques-unes de leurs initiatives, passées ou à venir, qui s’inscrivent dans une démarche de développement de l’économie locale.
par Guillaume Laurens.

AGDE-PEZENAS Un club de managers
L’Agglo Hérault Méditerranée a créé en début d’année un “ club des managers ”. Sa vocation : permettre aux acteurs économiques de se rencontrer, de partager leurs savoir-faire et favoriser les échanges. Inspirée par Jean Viguié, directeur de la Maison de l’Entreprise d’Agde, l’association est présidée par Claude Schmaltz (groupe Keolis).
Des commissions traiteront des thématiques majeures du secteur (enjeux économiques, développement durable, aménagement du territoire). Deux autres concernent déjà le tourisme et les énergies photovoltaïques.
Contact : 04 67 01 64 33

MEDEF Un nouveau souffle
En nommant une femme qui allait bousculer la routine, le mouvement national avait donné le “ la ”.
Fin 2007, l’antenne locale lui a emboîté le pas.
Il s’est choisi à sa tête Elisabeth Galibert.
Elizabeth Galibert
Sa mission : adapter la refonte du MEDEF à la sauce Ouest-héraultaise. Et décliner “ Réseau ambition 2010 ”, vaste programme de réorganisation du mouvement.
Ses objectifs ?
Primo, « renforcer notre nombre d’adhérents ».
Secundo, « rendre aux entreprises les services les plus pertinents possible ».
Tertio, optimiser la communication du mouvement.
Et quarto, « démultiplier notre lobbying territorial, en étant forces de proposition envers les politiques locaux, régionaux et nationaux.
Comme le dit Laurence Parisot, l’entreprise, c’est la vie. Nous avons besoin d’oxygène », dit Elisabeth Galibert, évoquant sa « feuille de route » (“ Besoin d’air ”, le livre de… Parisot !). Ce nouveau souffle, la patronne du MEDEF Béziers Littoral Ouest Hérault entend le décliner à l’échelle locale, « en tenant compte de nos spécificités ». A l’instar du tissu entrepreneurial, le MEDEF local réunit une large majorité de petites structures… « Nous ne sommes pas les représentants des entreprises du CAC 40 ! », martèle la présidente, elle-même gérante d’une entreprise médico-sociale de 40 salariés. « Il faut casser cette image ! »

ORVIVA Faire valoir la “ fish valley ”
« Un Français moyen devant lequel on prononce les mots clés “ mer, poisson, aquaculture ” pense à la Bretagne. Il a tort », avance Alain Pigno,
« il faut dire Hérault ! » Pour rendre au département sa juste place, un réseau d’entreprises de la filière a été mis à flots.
Car le saviez-vous ? L’Hérault concentre un tiers du marché national des poissons dits “ d’ornement ”.
« Base historique de l’aquaculture » planétaire, il serait « un phare international, où les professionnels d’excellence sont très actifs ». Un savoir faire étonnant, mais méconnu.
Pour y remédier, les professionnels, soutenus par le Conseil général, se sont fédérés en septembre dernier.
Reconnaissance d’excellence.
Une étude d’un cabinet indépendant a identifié dans l’Hérault une soixantaine de structures susceptibles d’intégrer ce réseau, pour un CA global de plus de 10M€ et
120 salariés ! « Toutes n’ont pas encore adhéré », admet Alain Pigno, qui préside la structure. Orviva (ORnemental, VIvant et Aquatique) réunit déjà une vingtaine d’entreprises à l’activité variée. Ses objectifs ? Leur permettre de mieux se connaître, rendre la filière plus visible et travailler sur les critères de qualité. Car Orviva se donne pour vocation de « tirer la filière vers une reconnaissance d’excellence ».
Par-delà les purs aspects commerciaux et leur corollaire en terme d’emploi, l’activité a des atouts à mettre en avant en matière d’environnement.
Et le marché serait très large. « En tonnage, la France importe autant de poissons d’ornement que de poissons alimentaires ». Tant d’arguments bien connus des (petites) entreprises de son réseau. « Il leur manque juste de le faire savoir. Cette spécialité locale pourrait devenir nationale ». Dans la profession, le bassin héraultais n’est-il pas déjà appelé la « Fish Valley » ?
http://www.orviva.com

 DCF : savoir cultiver son réseau
Après le bien-être au travail en 2004, le marketing territorial en 2006, les DCF planchent sur
les réseaux professionnels et leur avenir.
 « Tous les deux ans, nous organisons un congrès national, sur des thèmes liés à l’économie », explique Jean-Pierre Arnaud. Ce coup-ci, du 12 au 15 juin, direction Toulouse. Au menu ?
“ Bosse ton réseau d’abord ”.
« Nous avons une légitimité à revendiquer ce thème », estime le président national des DCF. Pour sa fédération (80 ans en 2010), « fonctionner en réseau est une habitude ! »
Plateforme en ligne

Les réseaux - quels qu’ils soient - sont à la mode. Et chez les DCF, cela a même pris une dimension virtuelle avec Eloïse, « plateforme collaborative en ligne ».
Réseaux virtuels, communautés socioprofessionnelles, échanges en web 2.0…
Comment s’y retrouver ? Lors de ce congrès, auquel a participé l’association locale présidée par Jean-Louis Dreuille, les DCF biterrois l’ont évoqué.
Et à l’heure du tout réseau, les dirigeants commerciaux de la région montent également au créneau : « les associations de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales travaillent sur des rapprochements avec d’autres structures de l’Espagne, du Maroc.
Nous avons aussi le projet de créer une association à Casablanca… »
Bosse ton réseau, on te dit !
Jean-Pierre ARNAUD, président national des DCF