ENTRETIENS GAGNANTS N° 4 - Edition Beziers

Communauté d’Agglomération Hérault Méditerranée et Ville d’Agde


Une identité forte et une complémentarité économique, culturelle et touristique

Gilles d’Ettore
est député-maire d’Agde
et président de la Communauté
d’Agglomération
Hérault Méditerranée.
Il est également Président
de l’Office de Tourisme du Cap
d’Agde et du Centre Hospitalier
Intercommunal du Bassin
de Thau.

En matière économique, l’axe touristique semble être le moteur commun de la ville et de l’Agglomération. Qu’en est-il réellement ?
G.d’E. Lors de la création de l’Agglomération, l’idée fédératrice était de réunir le littoral et l’arrière-pays autour du fleuve Hérault pour favoriser l’émergence d’une offre touristique complète. Les deux grands pôles en sont naturellement Agde et Pézenas avec un territoire qui correspond en grande partie à celui de l’ancien diocèse d’Agde. Le Cap d’Agde en est la vitrine avec une capacité d’accueil considérable. C’est aujourd’hui la 1ère destination touristique française avec ses 15 millions de nuitées par an. On y accueille 1 million 500.000 visiteurs avec un pic de fréquentation la 1ère semaine d’août où il y a environ 280.000 résidents.

Ainsi, la station du Cap d’Agde est un identifiant fort pour ce territoire?
G.d’E. Oui, car au-delà de la marque commerciale internationalement connue qu’elle représente, elle est désormais identifiée à un territoire qui a une identité touristique et patrimoniale de plus en plus revendiquée. Elle dispose d’un Office de tourisme 4* labélisé “ qualité Tourisme ”, norme AFNOR particulièrement exigeante décerné par le ministère. C’est le seul Office de Tourisme sur le littoral à disposer d’une centrale de réservation qui, pour information, génère 700.000 €/an de CA. De plus, nous avons, ces dernières années, repensé totalement notre communication autour du concept de Cap d’Agde “ Station Capitale ” qui a été consacrée par l’obtention de deux récompenses nationales aux trophées de la communication.

Il faut donc continuer d’évoluer en matière de communication et de promotion…
G.d’E. Naturellement, et le renouvellement de notre image passe aussi par des voies moins directes. Pour prendre un exemple, nous avons mis en place une commission locale du film. Voir Agde et son territoire intercommunal à l’écran est un élément de sa valorisation. Plusieurs courts métrages y ont déjà été tournés et un long métrage de Jean-Pierre Mocky avec Michel Serrault dans l’un de ses derniers rôles. De plus, nous organisons chaque année deux manifestations autour du 7ème art avec le “ Festival international des métiers d’art ” à Pézenas et “ Les Hérault du cinéma ” à Agde. Faire venir des gens de l’audiovisuel contribue à faire évoluer l’image de notre territoire. Ce qui n’est que justice puisqu’aujourd’hui 9 communes sur les 19 de l’Agglomération ont déjà reçu le label “ Ville et Pays d’Art et d’Histoire ” qui est venu saluer la richesse et la diversité patrimoniale de notre territoire. Ainsi, nous souhaitons, à partir de nos atouts culturels, développer l’activité touristique sur les ailes de saison. De plus, la réalisation, financée pour partie dans le cadre du contrat d’agglomération Etat-Région, du complexe aquatique des Champs Blancs avec les multiples prestations balnéaires qu’il sera en capacité d’offrir contribuera à la réalisation de cet objectif. Ce sera aussi le cas avec l’ouverture à Montagnac du golf de Lavagnac qui permettra avec celui du Cap d’Agde et de Saint Thomas de structurer une véritable destination golfique.

Dans le cadre de votre politique de promotion du patrimoine, vous voulez redonner au coeur de ville d’Agde toute son attractivité ?
G.d’E. En effet, dans cette optique, beaucoup d’opérations sont en cours de réalisation. L’an dernier, nous avons libéré les quais de la marine où les restaurants disposent désormais de terrasses flottantes sur le fleuve. Cela fait partie de notre programme de valorisation des rives de l’Hérault avec le réaménagement paysager de la rive droite et les réhabilitations du moulin des évêques et du château Laurens. Prochainement, nous allons installer des pontons sur le fleuve pour accueillir les bateaux de plaisance. Et depuis deux saisons, un autre élément moteur pour l’attractivité du site a été mis en place avec les concerts qui sont organisés sur une scène flottante au coeur du fleuve. C’est la seule ville en France à proposer cela! Et puis, pensez qu’il y a 100.000 passages chaque année sur le canal du Midi ! Aussi, pour essayer de capter cette clientèle, nous avons en projet la création d’un port au niveau de l’hôtel Riquet afin de favoriser leur halte. Cette approche axée sur la mise en valeur du patrimoine naturel et historique, nous la retrouvons à Pézenas, qui a toujours été exemplaire en la matière, et où a ouvert le 30 mai dernier la “ Scénovision Molière ” qui grâce à une scénographie multimédia nous fait mieux appréhender ce personnage majeur de notre histoire.

Et la viticulture ? C’est un pôle économique important, complémentaire au tourisme ?
G.d’E. Elle complète la cohérence de notre offre touristique et permet, grâce à la Routes des Vignerons et des Pêcheurs qui réunit les caves coopératives et privées, d’irriguer en visiteurs les communes alentour tout en assurant la promotion de nos vins. Il y a 65 producteurs sur le territoire. Nous les aidons également à se faire mieux connaître à l’international en co-finançant leurs déplacements sur des salons internationaux, ce qui a été le cas à VINISUD et à Prowein à Düsseldorf. Et, ils vont également se déplacer bientôt à Londres. Les viticulteurs sont des ambassadeurs de l’image de notre territoire, ils participent ainsi par un autre biais à sa promotion.

Au niveau de l’accueil, l’aéroport joue désormais un rôle majeur
G.d’E. Bien sûr. En proposant un accès direct, il rend les déplacements des touristes plus faciles. La Communauté d’agglomération a participé à son extension. Avec l’arrivée et le développement de Ryanair, c’est un nouvel afflux de visiteurs qui vient sur notre destination. Et ça fonctionne ! Les avions sont pleins. Après la liaison sur Paris qui existe depuis déjà quelques années et plus récemment celle sur Bristol, Londres puis Copenhague vont être expérimentées. Vous menez par ailleurs une action conséquente en matière de développement des zones d’activités. G.d’E. Sur le territoire de l’Agglomération, les zones d’activités commerciales devraient atteindre à terme une superficie cumulée de 200 ha. La plus importante en devenir est celle de La Capucière à Bessan. Aux côtés des activités traditionnelles commerciales et de services, nous privilégions le développement des nouvelles technologies de la communication et de l’environnement. Parmi plusieurs projets, nous travaillons actuellement sur la création d’une ferme photovoltaïque sur l’ancienne décharge du Petit Pioch à Agde. Faire de ce site emblématique un endroit consacré aux énergies propres, c’est un beau symbole d’avenir.

Monsieur le député-maire, pour terminer cet entretien, pouvez-vous nous donner quelques indications en matière de prospective de développement
G.d’E. Notre territoire est particulièrement bien desservi avec le TGV, le noeud routier constitué par l’A9 et la RD13, ainsi que l’aéroport Béziers-Cap d’Agde. Nous bénéficions aussi d’une qualité de vie exceptionnelle. Autant d’atouts déterminants pour aborder avec optimisme la concurrence auquel se livre aujourd’hui l’ensemble des territoires. Il faut aussi souligner l’action et le dynamisme des Maisons de l’Entreprise d’Agde et Pézenas qui aident environ chaque année 200 jeunes entrepreneurs à créer leur activité. Dans cette logique, un club de réflexion composé de managers et de chefs d’entreprises a été mis en place. Il permet un travail en réseau et nourrit la réflexion sur le développement de notre territoire intercommunal. Enfin, si notre agglomération est particulièrement attractive avec des évolutions démographiques conséquentes, il nous appartient de les maîtriser pour ne pas provoquer de déséquilibres. Aussi pour répartir au mieux cette population sur l’ensemble de notre territoire, nous encourageons notamment dans le cadre du contrat départemental de projet la réhabilitation des coeurs de villes et de villages afin d’offrir un nouvel habitat et participer ainsi à leur revitalisation.

Credit photo :
Severine Vrancken

Zoom économique :
65.000 personnes vivent actuellement dans la Communauté d’Agglomération dont 25.000 sur la seule commune d’Agde.

Gilles d'Ettore