ENTRETIENS GAGNANTS N° 1 - Edition Beziers

Le Contrôle de gestion, outil de décision



Piloter avec tous les indicateurs

Un contrôle de gestion opérationnel permet d’assurer un suivi permanent de tous les indicateurs et postes significatifs d’une entreprise. C’est un important travail de fixation et définition des objectifs à atteindre, à matérialiser en données chiffrées… Cet outil de reporting est devenu indispensable pour suivre les évolutions des différents secteurs d’activité de l’entreprise, par rapport aux objectifs, plans et budgets préalablement définis. Identifier les écarts, constater, rechercher les causes et les moyens à mettre en œuvre afin d’y remédier : pour la direction générale, c’est un outil de pilotage et d’aide à la décision, qui permet d’améliorer la gestion et d’optimiser les résultats. Reste qu’il est indispensable de maîtriser pleinement le process comptable de l’entreprise pour fiabiliser ces résultats. Autre aspect primordial : être capable de fournir des données par secteur, par service, pour que chaque manager puisse analyser l’activité de son centre de profit. Ensuite, il convient de mettre en place des tableaux de bord, pour identifier tous les ratios de gestion. L’intérêt : avoir la bonne information au bon moment, pour identifier au plus vite les anomalies, afin d’améliorer sa réactivité.


Un journal de bord

En septembre, Hyper U Agde a embauché un contrôleur de gestion. Jusqu’à présent, cette mission était assurée par plusieurs personnes. « L’entreprise évolue, j’ai souhaité renforcer cette activité », explique Marc Prou, le PDG du centre commercial, qui s’appuie sur “ Pilote ”, un logiciel spécifique au groupe U. « Je veux piloter mon entreprise avec tous les indicateurs et avoir une vision en temps réel de son évolution. Les charges variables (énergie, entretien, maintenance, communication…) sont à suivre de très près ». Ici, de multiples analyses sont effectuées « rayon par rayon, car chacun a des indicateurs et des modes de gestion différents ». Généralement, les tableaux sont mensuels, parfois journaliers. Marc Prou examine non seulement les évolutions de son chiffre d’affaires par service, mais aussi « les marges, les principaux postes de charge, les montants et rotations des stocks, les prix de revient par fabrication, les taux de démarque… ». D’autres “ points de contrôle ” sont à identifier : comme « le niveau de marge ou le taux de vulnérabilité d’un rayon ». Il s’agit également de « suivre et contrôler toutes les procédures internes (réception des marchandises, encaissement), de vérifier les inventaires », ou encore « d’analyser la maîtrise des budgets d’achat ». Bien entendu, cet exercice permet « d’évaluer le nombre de clients, la qualité rendue (le taux de rupture, les réclamations), de mesurer le niveau des prix par rapport aux concurrents, l’évolution de notre part de marché, la gestion du personnel (l’absentéisme), les volumes traités… » Bref, le contrôle de gestion, c’est un peu le journal de bord de l’entreprise !


Via le net

La gestion par télétransmission

C’est de Mende, en Lozère, que Lionel Boudoussier gère sa société d’Assistance à la Gestion par Télétransmission. Il a développé une méthode et des solutions informatiques afin d’intégrer des outils de gestion et de reporting dans les entreprises, en tenant compte de leurs particularités. AGT intervient dans un domaine bien précis : les réseaux sous enseigne. « Un hôtel, un magasin de sport ou de bricolage, une agence de voyage ou immobilière ont les mêmes particularités du réseau, mais elles sont aussi uniques pour le métier et l’enseigne. Comme il s’agit d’entreprises multiples au sein d’un même environnement, l’adaptation pour un profite à l’ensemble, réduisant les coûts de conception et de mise en œuvre… Le contrôle de gestion est au départ peu connu du monde de la PME. Mais la technologie s’est orientée vers des outils permettant de traiter des masses considérables d’informations, tout en les rendant accessibles par le web. Ainsi, une entreprise peut, avec un investissement maîtrisé, disposer de la bonne information en temps réel sur tout son environnement ». Contact : 04 66 49 40 40



Déterminer des unités d’oeuvre

Laurent Guilmineau, expert-comptable à Quarante, a sa définition du contrôle de gestion. « A partir des éléments de la comptabilité, c’est un exercice de réglementation et d’exploitation des données financières. Cette analyse s’appuie sur d’autres données, non-financières. Toute entreprise, quelle que soit son activité, doit avoir son système de contrôle de gestion, aussi mini soit-il : le b.a.-ba, c’est avec un papier et un crayon ! Mais il peut prendre des formes multiples et variées, qui s’inventent en fonction de l’activité. Le chef d’entreprise a une liberté totale de création et d’innovation » en la matière. Pour lui, l’essentiel est de « déterminer une ou des unités d’oeuvre significatives par rapport à l’activité de l’entreprise. Selon la nature de l’activité et son importance, cela devient utile de déléguer le contrôle de gestion ». Et il met en garde : « il ne faut pas que cet exercice devienne une charge fixe, mais qu’il se rentabilise par lui-même ». Le contrôle de gestion n’est « pas forcément » l’affaire d’un expert-comptable : « il peut être assumé par un technicien de l’entreprise, sur la base de données comptables fiables... » Il existe d’ailleurs des formations de contrôleur de gestion. Mais le tissu économique local est composé de beaucoup de petites d’entreprises qui ont « rarement une taille intéressante » pour s’octroyer de tels services.



Connaître le prix exact du raisin

« Nous exportons 75 % de notre production, dans un marché très concurrentiel », indique Jacques Boyer, au domaine de la Croix-Belle, à Puissalicon. « Nous vendons 450 000 bouteilles par an, avec une quinzaine de produits différents. Il nous faut connaître le prix exact du raisin ». Pour ce faire, l’exploitant s’appuie sur « un logiciel qui trace tout ce qui se passe au vignoble : les travaux, les intrants et la main d’oeuvre ». “ Isavignes ” est en fait un “ bouquet de logiciels ” : de la gestion des parcelles aux frais de personnel, tout est passé au crible. Jacques Boyer est un précurseur. Dès 1986, sa cave avait été choisie pour tester et faire évoluer ce logiciel. « Notre activité intègre plusieurs métiers : récolter, transformer, conditionner et commercialiser. Avec cet outil, nous pouvons savoir ce que chaque créneau nous coûte et connaître l’investissement dans chaque circuit de distribution, pour adapter nos prix de vente en fonction du marché visé et du coût réel. Nous évaluons notre marge par produit : les bouteilles que vous vendez le plus cher ne sont pas celles qui vous rapportent le plus ! Je me suis aperçu que certains produits nous coûtaient bien plus que ce qu’on croyait, ou vice-versa. Et qu’il valait mieux stopper des circuits de distribution qui nous revenaient trop cher ». Reste qu’il ne faut pas négliger l’investissement commercial : « certains produits, sur lesquels nous perdons un peu d’argent, permettent parfois de vendre autre chose… On ne peut le découvrir qu’avec les outils nécessaires ».



Analyse

GEODE, aide à la performance

Le chef d’entreprise qui souhaite comparer ses performances, être accompagné dans ses réflexions stratégiques, gagner en crédibilité auprès de ses partenaires, ou encore affiner ses prévisions, a tout intérêt à solliciter les experts de la Banque de France, qui lui feront découvrir GEODE. C’est une analyse économique et financière de la trajectoire de l’entreprise, élaborée par un expert, qui mettra en évidence ses points forts et ses marges de manœuvre en la positionnant dans son environnement concurrentiel, afin de mieux dessiner le champ des possibles… C’est une projection dynamique pour le futur, avec l’élaboration de plusieurs scénarios de développement. Cette prestation permet aussi d’être propriétaire d’un dossier d’analyse personnalisé, utile en interne (auprès des collaborateurs ou actionnaires), comme en externe (auprès des fournisseurs, clients, ou banquiers…). Contacts : 04 67 35 83 98 ou 04 67 35 83 90.