ENTRETIENS GAGNANTS N° 1 - Edition Beziers

Bernard Huchet : « un solide tissu d’entreprises »


Entretiens Gagnants : vous êtes arrivé à Béziers en août 2004, quel regard portez-vous sur l’économie locale ?
Bernard Huchet : « En dehors de la viticulture qui souffre beaucoup actuellement, le Biterrois dispose d’un solide tissu d’entreprises qui a la particularité d’être connecté en réseaux assez efficaces (Camdib, Plato…) Cette situation est portée par un marché de la construction privée et publique soutenu ».

E.G. : Quelle est la situation de l’emploi en Biterrois ?
B.H. : « Elle connaît une embellie certaine. Depuis deux ans, le taux de chômage est en baisse d’un point par an. Nous sommes désormais en dessous de 13 % dans l’Hérault, comme en Biterrois. Mais cela reste tout de même bien au-delà de la moyenne nationale... Nous devons appuyer cette conjoncture favorable à la création de l’emploi par la mobilisation de tous les acteurs : c’est la vocation de la Maison de l’emploi, mise en place fin 2005 dans le Biterrois. Elle doit permettre un travail très associé et plus proche de l’ANPE et des ASSEDIC, pour faciliter un accompagnement personnalisé des demandeurs d’emploi, en les orientant, au besoin à travers de la formation, vers les secteurs où se trouve la demande. Les secteurs professionnels sont associés étroitement à cette démarche ».

E.G. : Quelles sont les forces du territoire pour s’épanouir ?

B.H. : « L’Ouest-Hérault bénéficie de nombreux atouts. Une bonne situation géographique, tout d’abord. Outre l’axe de l’A9, le territoire doit profiter de l’arrivée de l’A75, de la relance à terme du TGV et du développement de l’aéroport. L’arrondissement dispose d’un espace disponible, même s’il se restreint : alors que l’Est sature, l’Ouest a encore de la place… Le tourisme est amené à se déployer sous tous ses aspects : outre l’activité littorale, un tourisme vert, patrimonial et gastronomique peut s’intensifier. Par ailleurs, si nous arrivons à accompagner la viticulture vers la sortie de crise, elle restera une base stable dans l’Ouest-Hérault… Ce territoire dispose aussi d’un système de soins, avec des sources thermales et le pôle de rééducation de Lamalou, qui offrent un potentiel de développement. Enfin, il repose sur une économie résidentielle. Les entreprises pourraient se tourner davantage vers l’export ».

E.G. : En quoi l’action de l’Etat appuie-t-elle le développement économique ?
B.H. : « L’Etat a une responsabilité générale dans la sécurité et la bonne marche des services. En travaillant avec les décideurs publics ou ceux du monde économique, il doit pousser vers un état d’esprit ambiant tourné vers la compétitivité. Il faut favoriser l’intelligence économique avant toute intervention financière ».

E.G. : Les découpages intercommunaux sont-ils judicieux à vos yeux ?
B.H. : « La dimension intercommunale s’est beaucoup développée ces dernières années. Des Communautés d’agglomération ont pris l’habitude de travailler ensemble. Mais il reste probablement un trop grand nombre de structures juxtaposées ou qui s’empilent. C’est la raison pour laquelle la Commission Départementale de Coopération Intercommunale a réalisé une analyse prospective de ce que pourraient devenir ces structures dans quinze ou vingt ans. En Biterrois, elle préconise la fusion de certaines Communautés de communes et l’élargissement possible des deux Communautés d’agglomération ».


 


Le Sous-préfet de Béziers tient tout particulièrement à favoriser le mécénat culturel. Selon lui, « pour une Agglomération comme pour un tissu économique, la dimension culturelle est un outil de rayonnement, en terme de notoriété et d’image. Je souhaite donc contribuer à développer, au sein des entreprises, des initiatives de mécénat, tant dans les arts plastiques qu’à travers des événements musicaux ». Et de préciser : « l’idée serait que les entreprises y consacrent une petite partie de leur budget, moyennant des incitations fiscales. La récente inauguration du musée de Sérignan pourrait par exemple être pour les entreprises l’occasion de se positionner en soutien à la création comme à la constitution d’un patrimoine artistique. Et ne négligeons pas le patrimoine musical et lyrique qui fit les grandes heures de Béziers et que l’on pourrait songer à faire renaître. Quelle palette si cela venait s’ajouter à la féria et aux festivals déjà bien reconnus ! »