ENTRETIENS GAGNANTS N° 1 - Edition Beziers

Communauté d’Agglomération Béziers Méditerranée, Raymond Couderc : « Nous sommes farouchement accueillants ! »


La Communauté d’Agglomération a vu le jour le 1er janvier 2002. En quoi a-t-elle été bénéfique à l’économie locale ?
« La compétence centrale de Béziers Méditerranée est le développement économique. Elle a repris des parcs d’activités, elle en construit de nouveaux : les portes de Sauvian, celle de Lieuran… L’Agglo a surtout permis la création de parcs qui s’étendent sur plusieurs communes. Comme Médiparc, qui est à cheval entre Boujan et Béziers (axé sur les nouvelles technologies et la santé, au premier débouché de l’A75 sur Béziers), ou la Méridienne, entre Villeneuve et Béziers. Ils n’auraient pas pu être engagés si nous n’avions pas été réunis. Et puis, il existe une vraie concurrence avec les autres intercommunalités... Même si nous essayons de travailler ensemble : nous créons par exemple une pépinière commune avec La Domitienne ».

Concernant l’aménagement des autres parcs d’activités économiques ?

« Nous sommes en voie de terminer le parc Béziers-Ouest, destiné à accueillir les entreprises classées au titre de l’environnement (40 ha y sont encore disponibles) et celui de Mercorent, qui a une vocation plus artisanale (où il reste 50 ha). Des parcs logistiques à l’embranchement des deux autoroutes sont aussi en cours d’achèvement. Nous entreprenons également un programme de réhabilitation complète du parc du Capiscol qui est le plus vaste du Languedoc-Roussillon : signalétique, voirie, ronds-points… Tout va être rénové ».


Concrètement, quel rôle joue Béziers Méditerranée Expansion (B.M.E.) dans le développement du territoire ?

« Nous avons tout mis en œuvre pour que B.M.E. soit l’outil de prospection, d’accueil et d’orientation des porteurs de projets sur notre territoire. Son rôle est de proposer des terrains, de contribuer à trouver des aides, de décrypter les règlements… B.M.E. est perçu comme un service, un outil de mission ». Qu’en est-il de Béziers Méditerranée Oenopôle (B.M.O.) ? « Sa vocation est de fédérer les agriculteurs sur les trois appellations du territoire. En leur permettant, par exemple, de se rendre ensemble sur les salons… La meilleure preuve du succès de B.M.O., c’est que nous sommes désormais interpellés par des viticulteurs et syndicats de crus extérieurs à l’Agglo, qui aimeraient nous rejoindre. Cette question sera d’ailleurs à l’ordre du jour prochainement. Si nous avons gagné un marché au Vietnam (nous y avons vendu 18 000 bouteilles), c’est grâce à B.M.O. Avec cet outil, nous allons essayer de développer notre activité. Alors que les agriculteurs sont souvent isolés, nous leur permettons de mener des actions communes ».


Quelle utilité pour le Biterrois de s’offrir un nouveau label touristique ?

« Conquistad’Oc donne une identité à notre territoire. Ce nom évoque nos racines : nous sommes des Occitans, qui vivons en Biterrois. On dit souvent que nous sommes farouchement accueillants et cela se retrouve dans Conquistad’Oc ! La vocation de ce label est d’organiser le tourisme sur le territoire. Il faut pouvoir afficher notre identité et cela passe par cette marque… Mais, attention ! Pour que cette initiative soit efficace, à chacun son rôle : la promotion du tourisme en France est du ressort du Comité Départemental du Tourisme et celle qui est faite à l’étranger dépend du Comité Régional du Tourisme ».


Dans quelques années, le commerce biterrois sera métamorphosé avec la création du grand centre commercial au carrefour de l’Hours…

« L’ouverture de Rive Gauche est prévue pour mars 2009. Ce projet, porté par la Ville, la SEBLI et la SOCRI, est un élément de rééquilibrage par rapport à Montpellier et son mégaprojet d’Odysseum. Il est essentiel. Sans cela, les Biterrois seraient tentés d’aller à Odysseum, ce qui accentuerait encore l’évasion commerciale. Cette activité sera complémentaire à celle du centre historique : Béziers sera une ville multipolaire. Si les gens ne trouvent pas ce qu’ils veulent à l’Hours, ils prendront la navette et iront en cœur de ville. Rive Gauche sera un centre commercial à ciel ouvert, de troisième génération, qui n’a rien à voir avec tout ce que vous connaissez. Un complexe très qualitatif, pas un entassement de commerces : avec parkings, activités de loisirs, logements et bureaux. Avec également des enseignes haut de gamme, qui n’existent pas dans la région. Une nouvelle clientèle viendra sur Béziers, de tout le centre du Languedoc-Roussillon : il n’y a rien d’équivalent, ni à Narbonne, ni à Perpignan. Ce sera un pôle d’attraction fabuleux ».


Si la Communauté urbaine montpelliéraine voit le jour, le biterrois trouvera-t-il sa place sur l’échiquier économique régional ?

« Je ne suis pas sûr qu’il faille être un mastodonte pour attirer les investisseurs. Qu’une Communauté urbaine couvre la moitié du département, je ne pense pas que ce soit positif. Mieux vaut être petit et solide que grand et fragile ! Béziers Méditerranée regroupe treize communes, si nous étions trois fois plus, ce ne serait pas pareil. Cela dit, si Montpellier réussit à mettre cette Communauté urbaine en place, c’est vrai que la donne serait modifiée. Dès lors, il faudrait peut-être regrouper les deux Agglos et la Domitienne, mais cela changerait beaucoup de choses... Si nous y sommes poussés, nous serons contraints de le faire, mais ce sera plus par raison que par enthousiasme. Et avant cela, il faudra déjà se concerter ». Si vous aviez un message à délivrer aux chefs d’entreprise, ce serait quoi ? « Je leur dirais que c’est la bonne période pour investir dans le foncier du Biterrois. Nos prix sont encore abordables par rapport au reste du Languedoc-Roussillon, mais cela ne va pas durer longtemps ! Nous sommes partis de très bas et nous n’avons pas encore tout rattrapé, c’est un avantage ».


Jusqu’où le Biterrois a-t-il vocation à s’urbaniser ?

« Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faut faire du gigantisme en terme de population. Nous ne cherchons pas à avoir 500 000 habitants, mais à préserver notre qualité de vie. Regardez Montpellier : c’est une ville difficile à vivre. Nous, nous avons réglé le problème du transport en créant une rocade. Nous avons solutionné les questions d’assainissement et des déchets. Eux sont en retard ou ne l’ont pas fait ! » Le Biterrois dispose de nombreuses infrastructures de transports… « L’arrivée de l’A75 constitue un atout considérable pour notre territoire. Mais nous devons être attentifs à ne pas brader nos terrains. Pas de Truck-étape chez nous ! Pour ce qui est du transport ferroviaire, je pense qu’il y aura une gare TGV à Narbonne et une autre à Béziers, à l’horizon 2025 ! Evidemment, tous les trains ne s’arrêteront pas dans les deux villes… Quant à l’aéroport, c’est un outil essentiel : là encore, nous sommes sur les rails ».


Raymond Couderc, Maire de Béziers Président de la Communauté d’Agglomération Béziers Méditerranée Conseiller Régional