ENTRETIENS GAGNANTS N° 1 - Edition Sète

le Bassin de Thau à la loupe


Pour connaître une partie des tenants et des aboutissants de votre territoire, Entretiens gagnants vous propose quelques chiffres clés sur la situation économique du Bassin de Thau. Et en y regardant de près, tous les indicateurs sont loin d’être au rouge : croissance sensible de la population et nombre record de création d’entreprises viennent compenser un taux de chômage encore trop mirobolant…

120 000

Ce serait, en cette fin d’année 2007 et dans l’attente de l’application d’une nouvelle méthode de calcul plus “ fiable ”, le nombre approximatif d’habitants sur les quatorze communes du Bassin de Thau


• (Balaruc les Bains,
• Balaruc le Vieux,
• Bouzigues,
• Frontignan,
• Gigean,
• Loupian,
• Mèze,
• Mireval,
• Montbazin,
• Poussan,
• Sète,
• Vic la Gardiole,
• Villeneuve les Maguelone
• Villeveyrac).

Lors du dernier recensement de 1999, ce territoire comptait 101 383 habitants. Comme dans tout le Languedoc-Roussillon, la croissance démographique est ici soutenue : le fait d’un solde migratoire grandement positif et, dans une moindre mesure, du solde naturel. Le Bassin de Thau est un secteur très urbanisé par rapport au reste de la région et du département (densité de 360 habitants au km2, contre 84 sur la région en moyenne et 147 sur le département).




52 %.

C’est la part de la population active sétoise qui travaille à l’extérieur du Bassin. A l’inverse, 42 % des emplois locaux sont tenus par des résidents d’autres zones. C’est pour cela que le bassin de Thau peut être considéré davantage comme un pôle de résidence que comme un pôle d’emploi attractif… A l’image de la région, le parc d’établissements est surtout composé de très petites entreprises (celles de moins de 10 salariés) : elles représentent environ 50 % des emplois. 12,6 %. Selon l’Insee, le taux de chômage sur le secteur restait en juin 2007 encore largement supérieur à la moyenne nationale (autour de 8 %). Malgré un dynamisme économique en partie retrouvé, le bassin de Thau, comme l’Hérault en général, reste marqué par une forte précarité : 18 % de la population de moins de 64 ans bénéficierait de minima sociaux, contre 12 % en moyenne sur la région et le département. Qui plus est, les populations dernièrement installées autour de Thau sont parfois en situation d’inactivité ou précaire : ces nouveaux arrivants sont de plus en plus des retraités ou des demandeurs d’emploi. Le bassin est marqué par un taux de chômage élevé, mais aussi par un niveau socioculturel et des revenus très modestes. Sans oublier des carences en matière de formation initiale : ce territoire, où l’enseignement est fortement orienté sur la voie professionnelle, est caractérisé par un taux de scolarisation en retrait. Tant de freins au développement qu’il faudrait pouvoir lever…




4 791.

Voici, au 10 octobre 2007, le nombre d’entreprises recensées par la Chambre de Commerce et d’Industrie sur le bassin. Il s’agit en grande majorité de PME : seules 204 d’entre elles comptent plus de dix salariés et 32 en ont plus de cinquante. A la même période, fin 2001, seules 3 290 entreprises étaient inscrites. Soit, en six ans, une hausse énorme de près de 70 % du nombre d’entreprises sur le Bassin de Thau. Depuis six ans, le solde de création / radiation est donc largement positif : de l’ordre de 300 entreprises par an en moyenne. Ainsi, sur les neuf premiers mois de l’année, 598 entreprises ont été créées, alors que 330 radiées. Ces créations massives d’entreprises s’expliquent par une volonté de faciliter leur démarche au maximum. Dans une région à fort chômage, c’est encourageant. Mais aussi par les incitations financières : les créateurs font tous une demande d’exonération de charges la première année…




10 %.

Ce devrait être la hausse du taux de créations pures en 2007, par rapport à 2006. Ces nouvelles entreprises sont essentiellement le fait d’une explosion observée dans trois secteurs d’activité : les activités liées à la vente sur Internet, les services à la personne (par le biais du nouveau CESU) et le commerce ambulant (les marchés…). Trois domaines qui représenteraient chacun près du tiers des créations d’entreprises. Le service économique de la Chambre de Commerce et d’Industrie aurait « 3 000 contacts avec des entrepreneurs par an. La moitié sont des porteurs de projets ».




Par secteurs.

Avec près de 5 000 entreprises, le Bassin de Thau s’affirme comme un site incontournable de l’économie languedocienne. 47 % de ces sociétés relèvent du secteur du commerce, 37 % de celui des services et 16 % de l’industrie. Pour ce dernier, à savoir que plus de la moitié des entreprises industrielles du bassin concernent le secteur du BTP  (environ 400 entreprises). Ce territoire est aussi un pôle touristique prépondérant dans la région. D’où un dynamisme dans la création d’emplois des activités qui y sont associées : les services aux particuliers, les activités immobilières…




Autour de Thau, un potentiel à exploiter
Ce n’est un secret pour personne : les secteurs d’activité traditionnels du bassin sétois (agriculture, pêche et conchyliculture) sont confrontés à des difficultés. Mais le territoire offre des gisements potentiels d’emplois dans beaucoup d’autres domaines : le tourisme, l’hôtellerie / restauration (hôtellerie de plein air comprise), l’environnement (secteur dans lequel de nouveaux métiers sont en émergence), les activités portuaires liées à la plaisance et la marine marchande et, enfin, le bâtiment. Chez les employeurs, des difficultés de recrutement perdurent en particulier dans les métiers de la mécanique, du travail des métaux et de l’hôtellerie / restauration (employés, agents de maîtrise, cuisiniers) et, dans une moindre mesure, dans le domaine du BTP, de la fonction publique et des professions juridiques. Enfin, une attention particulière est à porter au secteur de l’aide à la personne : avec la proportion croissante de personnes âgées sur le littoral héraultais, des recrutements et des remplacements de départs à la retraite sont à prévoir dans les structures d’aide à domicile, mais aussi dans les établissements spécialisés. En quelques mots, la conjoncture actuelle amène les acteurs locaux à rechercher la diversification de leur économie. Et même parfois à la repenser…