ENTRETIENS GAGNANTS N° 1 - Edition Narbonne

Réussir la transmission de son entreprise

Inquiétant phénomène de société : à la tête des (très) petites entreprises qui maillent le paysage économique français, il est bien difficile de passer le relais… Dans la région de tous les records (celle où on affiche à la fois un taux de chômage et un nombre de création d’entreprises inégalés), le taux de mortalité des sociétés à court terme est aussi le plus fort. Si l’on en croit la mobilisation (tardive, mais avérée !) des pouvoirs publics, il est urgent de préserver le capital humain et économique qu’elles représentent. A différents échelons territoriaux, de nouveaux dispositifs ont été instaurés : pour sensibiliser, accompagner, ou former les porteurs de projet, comme pour tenter de mettre en relation cédants et repreneurs…

Une foultitude de mesures

Dur, de passer la main ! Céder les rênes d’une entreprise où l’on s’est investi corps et âme est souvent moins évident que de rendre les clés de son propre appartement. Sujet tabou par excellence, la transmission est désormais considérée comme enjeu prioritaire par bien des collectivités. Chacune y allant de son action plus ou moins isolée, on n’y voit pas très clair… Les mesures introduites par la loi de Finances 2006 et le collectif budgétaire sont venus s’ajouter à une série de dispositions adoptées ces dernières années, qui avaient déjà modifié non seulement le régime fiscal de la cession à titre onéreux de sociétés et d’entreprises individuelles, mais également celui de leur transmission par voie de succession ou de donation. Tant de mesures qui plongent le chef d’entreprise dans un embarras du choix... fiscal. Pour résumer : il existe en principe des exonérations de plus value, qui s’appliquent aussi pour la vente d’une partie de l’entreprise. Encore faut-il penser à tous les dispositifs… Depuis peu est apparu un système de location d’actions, pour les repreneurs ayant de faibles capacités financières. La location-gérance reste un mode de gouvernance avantageux pour reprendre une affaire quand on n’a pas le capital nécessaire… Les salariés peuvent également acquérir à leur employeur par le biais d’une Société Coopérative Ouvrière de Production (SCOP) ou d’un rachat de crédit (le RES, plus connu sous le nom de Leverage Management By Out).


Une évolution des moeurs

En matière de transmission, l’étape la plus compliquée, c’est souvent le côté affectif. Et ce quel que soit le système juridique choisi ! La succession de père en fils s’avère plus rare que par le passé : vivant avec leur temps, les jeunes partent le plus souvent faire carrière ailleurs. Les dirigeants ont donc moins de chance de trouver un successeur dans leur entourage, d’autant que des compétences de gestion toujours accrues sont exigées… « La transmission est souvent menée de façon secrète, à tort ou plutôt à raison », estime un expert-comptable du Biterrois. « Cela permet d’éviter d’inquiéter les salariés, de se préserver de la concurrence et de garder la confiance des fournisseurs ». Mais s’il est de coutume de négocier en catimini, le repreneur comme le cédant n’ont pas intérêt à rester esseulés pour autant. D’où l’indispensable appui de leurs conseillers (avocat, expert- comptable et notaire). Il est d’ailleurs « préférable que chaque partie ait les siens ». Sinon, comment peuvent-ils préserver les intérêts de chacun ?!Autre tendance : beaucoup de transmissions sont opérées en dehors des départs à la retraite. La nouvelle génération n’hésite pas à ne garder ses sociétés que quelques années. Ces “ serial cédants ” reprennent, restructurent et revendent. Puis ils recommencent… C’est dans l’air du temps. Outre le fait d’engranger une plus value rapide, il s’agit de ne pas faire la même chose toute sa vie.


La solution fiscale « la moins désavantageuse »

Pour éviter que les droits de succession ne plombent tout l’intérêt d’une transmission, des mesures spécifiques sont venues alléger la fiscalité. « Aujourd’hui, l’Etat fait preuve d’une volonté de moins taxer la plus value », estiment Jean Gondard et Catherine Glodas-Coulot, notaires à Cazouls-les-Béziers. Des incitations qui joueraient un rôle important dans l’essor de la transmission… « Le souci majeur est de savoir ce que la personne veut faire de son patrimoine… Ensuite, nous tâchons de trouver la solution fiscale la moins désavantageuse ! Car, après avoir assuré la transmission, c’est la priorité de chacun... » Qu’elles soient à titre onéreux ou à titre gratuit, les successions ne sont pas assujetties aux mêmes contraintes fiscales. Mais bien souvent, la taxe sur la plus value tombe comme un coup de massue : en règle générale, 27 % de la plus value d’une entreprise sont retenus (16 % d’impôts sur la plus value et 11 % de prélèvements sociaux). Pour les cessions à titre onéreux, le législateur prévoit une diminution des droits d’enregistrement pour tout acquéreur (23 000 € sont exonérés). Un allègement de la fiscalité concernant la plus value a également été instauré : le cédant (ou donateur) est totalement exonéré de taxes après exploitation d’une entreprise pendant au moins cinq ans, si sa valeur n’est pas supérieure à 300 000 €, et partiellement si le prix (ou la valeur donnée) se situe entre 300 000 et 500 000 €. Au delà, il doit s’acquitter des taxes complètes (à 27 %).Des exonérations existent aussi dans le cadre de la cession d’une entreprise dont les recettes n’excèdent pas un certain montant ou du départ à la retraite d’un dirigeant dont l’activité a été exercée depuis au moins cinq ans. « Dans le cadre d’une succession à titre gratuit, les repreneurs peuvent reporter l’imposition avec possibilité d’une exonération de la plus value s’ils poursuivent l’activité pendant cinq ans ». Pour ces mêmes cessions à titre gratuit, le pacte Dutreil peut favoriser les transmissions de parts de sociétés, dont 75 % de la valeur sont exonérées… Une palette de mesures qui sont « avant-tout incitatives pour l’entreprise individuelle », indiquent les notaires. « Les dispositions sont différentes pour chaque type d’entreprise ou société ». L’essentiel étant de percevoir quelle est la motivation première du cédant. Il convient par ailleurs de se pencher sur l’aspect humain : dans le cadre d’une transmission familiale, il faut par exemple veiller à ne pas léser ses autres enfants, donc à ne pas surévaluer (ou sous-évaluer !) son entreprise…


« Une volonté de moins taxer »

Se faire la main ailleurs

Si les reprises par des personnes extérieures sont désormais monnaie courante, les successions familiales ne sont pas dépréciées pour autant. « Chaque transmission de parents à enfants relève d’une situation spécifique », remarque Jean-Yves L’Huillier, chez Vision Partagée. Ce spécialiste du management de la transmission familiale s’est donné pour rôle d’accompagner la succession, une fois les rênes cédées… En veillant tout particulièrement au volet humain. « Quand le ou les enfants font part de leur souhait de travailler dans l’entreprise familiale et que leurs parents approuvent, ils arrivent par des niveaux différents : certains sont dans le moule de l’entreprise et gravissent tous les échelons, d’autres viennent de l’extérieur », note le consultant. « C’est intéressant que les enfants aillent voir ailleurs avant de reprendre, qu’ils aient eu une ou des responsabilités dans une autre société. Pour acquérir des compétences, mais aussi pour regarder l’entreprise familiale sous un autre oeil… Pendant la période de transition, il peut y avoir quelques chamboulements en interne. Le repreneur apporte inéluctablement du nouveau. Or, les parents ont leurs habitudes ! » D’où un probable “ choc de cultures ” sur les méthodes ou le temps de travail, les relations avec les salariés… « Avant de reprendre, les enfants ne sont pas associés à la stratégie de l’entreprise et à un moment donné, il va falloir passer le relais complètement… Il faut donc qu’ils développent des compétences dans les domaines de la finance et du management » Le consultant les invite ainsi à « sortir de l’opérationnel, pour avoir une vision plus globale de l’entreprise, ce qui n’est pas toujours possible quand les parents sont encore là ». Autre aspect primordial pour que l’atmosphère soit sereine : « il faut que les salariés (qui attendent que la nouvelle direction assure la pérennité) reconnaissent que les enfants sont compétents pour gérer l’entreprise. Une importante période d’écoute s’impose ». Surtout, ne pas hésiter à se faire épauler... « Le bon chef d’entreprise, ce n’est pas celui qui sait tout faire, mais celui qui sait s’entourer : en recrutant les bonnes personnes, ou en cherchant des conseils adaptés au moment où il en a besoin ». Moins on reste isolé, plus on a de chances que la transmission soit bien assurée.


SCOP-OPTION

A l’Imprimerie Lézignanaise, l’entreprise se gère à trois. En effet, Alain Pino, Fabrice Barbieri et Brigitte Guilhem sont, depuis novembre 2005, les repreneurs de cette Scop SARL à capital variable, passant du même coup du statut d’employés à celui de patrons. Si pour un des associés, « rien n’a vraiment changé », pour un autre, « dès l’instant où les anciens gérants se sont retirés, ce fut le jour et la nuit. Je me sens un peu plus libre ! ». Particularité de la transmission : « il n’y a pas de rachat réel. Nous avons repris le fond de commerce. Mais ils nous appartient, sans nous appartenir. De plus, les anciens propriétaires ont repris leur capital ». Explications : l’entreprise est une Scop, c’est-à-dire une entreprise collective dans laquelle les associés sont majoritairement salariés, et ce depuis 1984. Le principe de fonctionnement est simple : le pouvoir dans la Scop appartient aux salariés associés qui sont responsables de la bonne marche de leur entreprise. Contrairement aux entreprises non coopératives, il n’y a pas opposition entre les intérêts des associés (apporteurs de capitaux) et ceux des salariés (qui prennent leur part dans la valeur ajoutée produite et diminuent ainsi la rémunération du capital). Entreprise collective, la Scop ne peut être créée par une seule personne : il doit y avoir au moins deux salariés associés co-entrepreneurs qui gèrent de façon démocratique un instrument de production collectif. Le gérant est obligatoirement salarié (avec indemnités de chômage en cas de licenciement). « On est libre de notre salaire, dans la limite du raisonnable, bien entendu. Une bonne entente entre les trois partenaires est évidemment indispensable! ».


pour l’un « rien n’a vraiment changé », pour l’autre, « Je me sens un peu plus libre ! »

Une reprise /création

Ce n’est pas seulement une simple reprise. C’est une véritable création », souligne Pescheux Jean-François, 37 ans, propriétaire et gérant du pub Quartier Libre à Port-La Nouvelle. En juillet 2005, il rachète le Nautique, autrefois bar de pêcheurs. Avec ses teintes roses, son carrelage gris et sa clientèle d’habitués, la majorité joueurs de cartes faisant les « 7 à 7 » (au bistrot de 7h le matin à 7h le soir), le Nautique existe depuis 1962. En quelques semaines, Jean-François Pescheux repeint le bar, installe du parquet et créé une véritable ambiance “ Pub Irlandais ”. Il le rebaptise Quartier Libre. « J’ai conçu l’endroit en fonction de ce qui me correspondait le plus. J’y passe 18h par jour ! ». Il adopte également une gamme de produits plus ciblés : bière spéciale à la pression, whisky, etc. Il change les horaires de 11h à 2h du matin, hors saison et en en saison de 8h à 2h. « Je me suis également aper- çu qu’il n’y avait aucun point Internet sur la ville ». Un détail qui lui amène une clientèle nombreuse, essentiellement estivale. Problème de concurrence avec les bars du coin ? « Non, répond-il. On ne se situe pas dans le même registre ». Jean-François Pescheux n’en est pas à son coup d’essai. Après un BTS en comptabilité, il s’oriente vers la restauration, « par hasard. Je n’ai jamais fait d’école hôtelière. Pendant plusieurs années, j’ai bossé dans des bars d’ambiance, la nuit en particulier. Après quelques saisons à Troyes, en Suisse ou encore à Argelès-sur-Mer, je me suis installé à Paris pendant 10 ans, où j’ai travaillé à Pigalle dans un pub-resto Anglais». Au début, simple serveur, il gravit les échelons et devient le directeur de l’établissement. Il décide dès lors de se mettre à son compte. Il opte pour le sud de la France et trouve sur Internet (www.hôtellerie.fr) l’annonce du Nautique à vendre. « J’ai fait une étude de marché. Et j’ai décidé de m’orienter vers un style inédit à La Nouvelle ». Et les résultats sont au rendez-vous : « depuis la reprise, j’ai multiplié mon chiffre d’affaire par 2,5 par rapport à celui des anciens propriétaires. Beaucoup de personnes qui n’allaient plus au bistrot ont retrouvé ici une ambiance calme et sympa ». La clientèle est jeune, de 25 à 45 ans. C’est également le lieu idéal pour la 3e mi-temps des matchs de rugby. Dans un style “ jazz ”, “ nouveaux talents ”, le Quartier Libre propose de nombreux concerts, en moyenne une fois par mois. L’avenir ? « J’ai prévu d’embaucher ». Bref, carton plein au Quartier Libre !C e n’est pas seulement une simple reprise. C’est une véritable création », souligne Pescheux Jean-François, 37 ans, propriétaire et gérant du pub Quartier Libre à Port-La Nouvelle. En juillet 2005, il rachète le Nautique, autrefois bar de pêcheurs. Avec ses teintes roses, son carrelage gris et sa clientèle d’habitués, la majorité joueurs de cartes faisant les « 7 à 7 » (au bistrot de 7h le matin à 7h le soir), le Nautique existe depuis 1962. En quelques semaines, Jean-François Pescheux repeint le bar, installe du parquet et créé une véritable ambiance “ Pub Irlandais ”. Il le rebaptise Quartier Libre. « J’ai conçu l’endroit en fonction de ce qui me correspondait le plus. J’y passe 18h par jour ! ». Il adopte également une gamme de produits plus ciblés : bière spéciale à la pression, whisky, etc. Il change les horaires de 11h à 2h du matin, hors saison et en en saison de 8h à 2h. « Je me suis également aper- çu qu’il n’y avait aucun point Internet sur la ville ». Un détail qui lui amène une clientèle nombreuse, essentiellement estivale. Problème de concurrence avec les bars du coin ? « Non, répond-il. On ne se situe pas dans le même registre ». Jean-François Pescheux n’en est pas à son coup d’essai. Après un BTS en comptabilité, il s’oriente vers la restauration, « par hasard. Je n’ai jamais fait d’école hôtelière. Pendant plusieurs années, j’ai bossé dans des bars d’ambiance, la nuit en particulier. Après quelques saisons à Troyes, en Suisse ou encore à Argelès-sur-Mer, je me suis installé à Paris pendant 10 ans, où j’ai travaillé à Pigalle dans un pub-resto Anglais». Au début, simple serveur, il gravit les échelons et devient le directeur de l’établissement. Il décide dès lors de se mettre à son compte. Il opte pour le sud de la France et trouve sur Internet (www.hôtellerie.fr) l’annonce du Nautique à vendre. « J’ai fait une étude de marché. Et j’ai décidé de m’orienter vers un style inédit à La Nouvelle ». Et les résultats sont au rendez-vous : « depuis la reprise, j’ai multiplié mon chiffre d’affaire par 2,5 par rapport à celui des anciens propriétaires. Beaucoup de personnes qui n’allaient plus au bistrot ont retrouvé ici une ambiance calme et sympa ». La clientèle est jeune, de 25 à 45 ans. C’est également le lieu idéal pour la 3e mi-temps des matchs de rugby. Dans un style “ jazz ”, “ nouveaux talents ”, le Quartier Libre propose de nombreux concerts, en moyenne une fois par mois. L’avenir ? « J’ai prévu d’embaucher ». Bref, carton plein au Quartier Libre !


Il repeint le bar, installe du parquet et créé une véritable ambiance "Pub Irlandais"

4 Générations de viticulteurs

Au Château-Etang des Colombes, la passion de la viticulture se transmet de père en fils et ce, depuis 4 générations. Le domaine qui date du XVIIe siècle comprend 80 hectares de vignes, un caveau de dégustation avec un chai d’élevage en barriques et un petit musée. L’exploitation produit 400 000 bouteilles / an (AOC vin de Pays, rouge, rosé, blanc). Il y a 7 ans, Christophe Gualco, arrière-petit-fils du premier propriétaire de ce domaine familial qui emploie aujourd’hui 8 personnes, a repris les rennes de la direction, avec l’accompagnement et les conseils de son père. « Né au domaine, j’ai pris le goût du vin assez tard, vers 17 ou 18 ans », explique-t-il. « Après des études à l‘extérieur, je suis revenu vivre et travailler au berceau familial. On y est né, on y a vécu. Ce lieu est rempli de souvenirs. En ce qui concerne la reprise du site, je crois que c’est venu naturellement. L’idée c’est de transmettre et de pérenniser tout le travail qui a été fait depuis des générations. Et avec ce côté familial, le métier prend une dimension différente. Le domaine est à la fois un lieu de vie et de travail. Sacralisation ? Pratiquement ! ». La transmission ne s’est pas faite du jour au lendemain. « Mon père, Henri, travaille toujours dans les vignes. Il y a un suivi : il ne me laisse pas partir tout seul dans la nature ! Nous continuons ensemble ». Le jeune repreneur constate également un rapport employé/employeur différent d’une structure traditionnelle avec ses points positifs et ses côtés négatifs. Juridiquement, le site est une SARL avec deux associés. Une GFA est par ailleurs en cours. Au début du XXe siècle, le Château-Etang des Colombes totalisait 30 hectares de vignes. Au fil des années, le métier a connu bien des changements et des remous et aujourd’hui, la vision de la viticulture a évolué et connaît une grave mutation. « Quand je compare avec mon père, lorsque celui-ci a repris le domaine, le contexte est bien différent. Je remarque que le lobby anti-vin freine la production et la consommation. Les habitudes des consommateurs ont changé. On oublie trop souvent que le vin fait partie de notre patrimoine et de la culture française». A travers une approche plus moderne sur des cépages locaux, Christophe Gualco a choisi de se tourner vers l’international afin de sortir de l’impasse. « Je remarque une grande différence de gestion du site entre mon père et moi. Je parle plusieurs langues dont l’anglais et l’espagnol. L’objectif étant de voyager à l’extérieur et de trouver d’autres marchés ». Le Château-Etang des Colombes exporte 50 % de sa production vers la Belgique, la Hollande, l’Allemagne ou encore le Québec. Quant à Henry Gualco, il souhaite s’adapter aux nouvelles technologies. Père et fils sont quoi qu’il en soit tous deux guidés par le même objectif : « une qualité des raisins à la vendange pour que la matière témoigne dans le verre de la spécificité du sol ».


Christophe Gualco a choisi de se tourner vers l’international.

Focus

Une SCOP

( originellement : Société coopérative ouvrière de production, devenu Société coopérative de production) est une société commerciale, société anonyme ou société à responsabilité limitée. Son originalité tient dans le fait que les salariés-coopérateurs sont associés majoritaires de l’entreprise dont ils détiennent au moins 51 % du capital et 65 % des droits de vote. Les grands principes de la doctrine coopérative sont : Contrôle démocratique et primauté de l’Homme sur le capital : 1 personne = 1 voix Propriété collective Impartageabilité des réserves Solidarité Liberté d’adhésion Juste répartition du profit


Témoignage

« L’entreprise Narbonne Palettes était à vendre. Personnellement, je n’avais ni lien, ni expérience avec ce milieu professionnel. Jusqu’à présent, je travaillais dans l’aéronautique… », explique Jean-Jacques Denty, le propriétaire de cette EURL de rachat et de recyclage de palettes, depuis 2004. « Originaire de Port-La Nouvelle et après plusieurs années passées à l’étranger, j’ai voulu revenir au pays. Avec l’ancien propriétaire de l’entreprise, ça a “ bien accroché ” ! Mais j’ai quand même appris le métier sur le tas. J’ai également reçu une aide précieuse de la Boutique de Gestion Narbonnaise. Ils m’ont aidé lors de la constitution des dossiers et de la recherche de financements. Sans eux, la démarche aurait été beaucoup plus longue et compliqué. A ce jour, j’emploie 6 salariés. Et au niveau de la répartition des tâches, mon épouse s’occupe de la logistique et moi de la gestion ».


Un site économique territorialisé www.aude-eco.com est un site Internet destiné particulièrement aux porteurs de projet. Il s’agit d’une Initiative du Conseil Général de l’Aude, ce site renseigne les entreprises quels que soient ; - leur secteur d’activité, - leur situation - le type d’intervention recherchée, qu’elles soient installées ou qu’elles projettent de s’implanter dans l’Aude. Ainsi, près de 300 fiches, régulièrement mises à jour, sont répertoriées et classifiées pour orienter efficacement le porteur de projet. Aides existantes ? Interlocuteurs ? Reprendre ou transmettre une entreprise ? Ce site vous donne quelques atouts supplémentaires pour préparer vos projets.

Franc succès

Le 19 mars a eu lieu la première journée de la création/reprise d’entreprise à la Maison de l’Entreprise de Lézignan-Corbières. Organisée par la Chambre de Commerce, la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de l’Aude et le Pays Corbières Minervois, « cette journée a permis de répondre a un double objectif : permettre aux 80 porteurs de projets de rencontrer 27 exposants répartis en pôle de compétence ». Animé par les responsables “ création d’entreprise ” des Chambres de Commerce et des Métiers, un atelier intitulé “ les bonnes questions à se poser “ a permis à une cinquantaine de porteurs de projet « de s’imprégner des démarches et du parcours qui s’impose pour réfléchir à leur création d’entreprise ». Un forum qui devrait se renouveler régulièrement.


Création/Transmission

En 2004, 18 899 entreprises ont été créées au niveau régional, soit le plus fort taux national rapporté à la population, dont 10 352 l’ont été à travers le réseau des CCI. Parmi ces entreprises, 1% ont plus de 5 salariés, 85% n’en ont aucun, 34% des entreprises ont moins de 5 ans et près de 50% des entreprises ne passent pas le cap des 5 années d’existence. Si le Languedoc-Roussillon se situe actuellement au 4ème rang français pour le nombre de créations d’entreprise, ces dernières apparaissent fragiles et ont une faible capacité de développement, ce qui génère un des plus faibles taux de pérennisation du pays. De plus, il est admis qu’environ 25% des entreprises seront à transmettre dans les dix prochaines années, soit 20 000 entreprises en région Languedoc-Roussillon, tous secteurs d’activités confondus. Face à ces enjeux, le réseau des Chambres de Commerce et d’Industrie du Languedoc-Roussillon et notamment celle de Narbonne, Lézignan-Corbières et Port-La Nouvelle accompagne les porteurs de projet tout au long de leurs démarches de création, cession ou reprise, transmission d’entreprise en mettant en œuvre des actions d’information, de sensibilisation, de formation, d’évaluation des cédants, de mise en réseau des porteurs de projets et enfin du suivi des jeunes créateurs – repreneurs.


La CCI accompagne les porteurs de projet tout au long de leurs démarches

Transmission dans la filière agro

Objectif ATRIA pour l’Association Régionale des Industries agroalimentaires Languedoc-Roussillon (ARIA) ! Mis en place depuis un an, le dispositif d’accompagnement à la transmission/reprise est une initiative élaborée dans le cadre du contrat de filières avec le Conseil Général. Le principe est simple : ATRIA accompagne les repreneurs d’entreprises et recherche des partenariats dans le secteur de l’agroalimentaire dans la région. Le candidat repreneur bénéficie donc d’une « connaissance approfondie de la filière, d’un appui personnalisé à la qualification de son projet et de la mise en relation avec les vendeurs ». Une aide à la négociation, au montage financier et à la recherche de financement et au suivi post-création est également proposée. L’industrie agro-alimentaire en Languedoc-Roussillon réalise un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros dont 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires à l’export (soit 13%), en 2002. Et elle emploie 21069 salariés permanents (+ 9 % entre 2002 et 1997) et 4492 saisonniers (- 26 % entre 2002 et 1997). Avec en moyenne 120 adhérents dans 13 branches d’activités, l’ARIA-LR représente 70% du poids économique du secteur agro-alimentaire régional. Le dispositif ATRIA est donc un atout essentiel pour les futurs repreneurs.


A SAVOIR
L’ARIA-LR est une structure de représentation et de développement du secteur agro-alimentaire régional. Elle a pour vocation de fédérer l’ensemble des entreprises industrielles de ce secteur, quels que soient leur taille, leur statut juridique et leur domaine d’activité. Elle intervient sur l’ensemble de la région Languedoc-Roussillon ainsi qu’au niveau départemental.

La reprise sur le net

ACT Contact recense les opportunités de transmission dans les domaines de l’artisanat, du commerce et des services. www.actcontact.net Le site PMI Contact permet aux PME ainsi qu’aux particuliers de publier et sélectionner des opportunités d’affaires en cession, reprise et rapprochement, en préservant l’anonymat. www.pmicontact.net L’ordre des experts-comptables a mis en ligne un site assez riche sur la transmission : on y retrouve les aides, des opportunités à saisir, un guide méthodologique… www.entreprisetransmission.com


Plus de visiteurs sur votre site

Votre entreprise dispose d’un site web, mais quelle est sa fréquentation ? Car Internet est un formidable outil de prospection, à condition que l’on vous trouve dans les moteurs de recherche. Pour ce faire, vous pouvez le référencer vous-même, ou faire appel à un prestataire spécialisé.


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Un programme régional d’appui

La région Languedoc-Roussillon a également mis en place un programme d’appui à la création et à la transmission d’entreprise. Elle a instauré deux procédures : le VISA et le PACTE. « Nous avons un taux d’échec colossal en matière de création et de transmission », constate Anne-Yvonne Le Dain, viceprésidente du Conseil régional. « Le Languedoc-Roussillon est confronté à un tissu fragile, sans doute lié au manque de professionnalisme et de sécurité qui subsistait dans le système économique de la région ». Nécessaire pour mobiliser les aides financières régionales, le VISA n’est autre que la « validation de la faisabilité d’un projet dans le cadre du dispositif PACTE Entreprises ». Avec ce VISA, la Région permet donc aux entrepreneurs de « qualifier leur projet par la réalisation d’un diagnostic technique, économique, commercial et humain ». C’est dans ce cadre qu’un conseiller aborde, avec les porteurs de projet, différents aspects :ses aptitudes et motivations, l’analyse du marché, sa stratégie de développement de l’entreprise (stratégie commerciale, choix en matière fiscale, juridique, sociale), les moyens de financement et bien sûr le calendrier de réalisation du projet… Pour la région, c’était aussi l’occasion de « permettre aux chambres d’épauler les porteurs de projet ». C’est pourquoi VISA se veut « un outil pour recréer de la confiance nominative avec les différentes chambres (des métiers, agricoles, de commerce et d’industrie, mais aussi la FRP, URSCOP). Nous définissons ensemble un nombre de VISAS qu’elles s’engagent à faire dans l’année, en fonction de quoi elles sont rémunérées. Bien sûr, à l’arrivée, nous jugeons de la performance des VISAS ». Ceci afin de « garantir un bon résultat susceptible de faire diminuer ce fameux taux d’échec. Nous tenons à professionnaliser la manière dont travaillent les chambres avec les mandants ». Et l’initiative commencerait à porter ses fruits : 1500 VISAS ont été délivrés dans la région l’an dernier.


Un accompagnement vers le succès

Quant au programme PACTE (Programme Action Création et Transmission d’entreprise), également porté par la Région, il offre « un accompagnement global aux porteurs d’un projet de création ou de reprise, pour leur donner les meilleures chances de succès ». Une aide destinée à finaliser le plan de financement de l’entreprise, « mais elle n’a pas pour objet de pallier l’insuffisance des fonds propres des dirigeants ou de se substituer aux concours bancaires ! » précise Anne-Yvonne Le Dain. « Cette aide est une avance remboursable à taux zéro,mobilisable après obtention d’un VISA ». Son montant est de 10 000 à 50 000 euros pour un taux maximum d’intervention de 50 %, dans la limite des fonds propres. Sont éligibles les entreprises relevant des secteurs de l’artisanat, de l’industriel technologique, du commerce de gros… En général, elles doivent avoir moins de deux ans d’existence pour les structures de moins de 10 salariés et de 30 mois pour les autres. « Par cette procédure de qualité, nous avons rompu avec la logique de subventions.Sauf dans deux cas liés au facteur de risque : le secteur technologique et l’export (aides plafonnées à 30 000 €) ». Pour le reste, les interventions de la Région se font donc en avance remboursable ou en fonds de garantie (jusqu’à 80 % du montage financier). « C’est une solution pour faire face à la frilosité des banques. Il s’agit aussi d’apporter une garantie à nos entreprises. Une fois ce parcours d’apport de l’aide financière terminé, 25 % peuvent être transformés en subventions ». Pour la région, il s’agit avant tout « d’inciter à la performance. C’est une prise de risques commune : on gagne ensemble, on perd ensemble ! » Au bout du compte, 600 projets auraient été aidés en 2006. Cinq transmissions pour une création…


Il s’agit d’inciter à la performance

La Région permet aux entrepreneurs de « qualifier leur projet »

Focus

Financer ses formations professionnelles

Depuis 2004 (année de la fameuse réforme), les salariés sont de plus en plus demandeurs de formations professionnelles : sur l’outil informatique, notamment. Mais il existe un dispositif précis pour la collecte des fonds de la formation professionnelle continue versés par l’entreprise. Celle-ci doit en effet « consacrer un pourcentage de sa masse annuelle brute à un organisme paritaire pour la formation », explique Francis Pozo, conseiller à l’OPCAREG Languedoc-Roussillon. « Au regard fiscal, toute entreprise a donc obligation de reverser cette somme à un Organisme Paritaire Collecteur Agréé. Elle doit s’acquitter de ses obligations envers l’OPCA dont elle dépend le 28 février de chaque année ». Organisme interprofessionnel, l’OPCAREG L.-R. propose diverses formations dans tous secteurs d’activités. « Nous sommes l’interlocuteur entre l’entreprise et le financeur. C’est un service de proximité qui permet de prendre en charge ces dépenses rapidement. L’objectif étant aussi parfois de récupérer des fonds sociaux européens... ». Sur l’arrondissement de Béziers, plus de 100 entreprises font appel à cet OPCA. Contact : Francis Pozo au 06 14 11 24 89.